Les prix de l’alimentation et des boissons non-alcoolisées ont augeenté de 363,78 % à fin mai en glissement annuel.Photo M.A.
Le taux d’inflation au Liban a poursuivi sa hausse en mai, alors que le pays s’approche d’une troisième année de crise économique et financière. L’indice mensuel des prix à la consommation (IPC), calculé par l’Administration centrale de la statistique (ACS) et publié hier sur son site, a en effet affiché un total de 1 177,99 points au cinquième mois de l’année (la base 100 prise en compte est décembre 2013), soit un taux d’inflation de 211,43 % en glissement annuel. L’ACS note également une augmentation de 7,85 % par rapport à avril. Si cette tendance à la hausse ne surprend pas, ou plus, en raison du manque de réforme entreprise par les autorités, elle s’est tout de même renforcée en raison de la flambée des cours mondiaux des matières premières suite au conflit russo-ukrainien, qui a entraîné, avec les confinements en cours en Chine, la hausse des prix mondiaux. Or le Liban importe près de 80 % de ses besoins. Cette inflation mondiale, que subit également le Liban, a d’ailleurs poussé plusieurs banques centrales dans le monde à relever leurs taux directeurs pour la combattre.
Ainsi, sans surprise, ce sont encore les prix des transports qui remportent la palme de la plus forte hausse en glissement annuel avec un taux d’inflation estimé par l’ACS à 515,36 %. Ils sont suivis des prix du secteur de la santé (468,27 %), de ceux de l’eau, de l’électricité, du gaz et des carburants (445,18 %) et de ceux de l’alimentation et des boissons non alcoolisées (363,78 %). Un classement inchangé depuis quelques mois. En rythme mensuel, ce sont les coûts des fournitures qui ont le plus augmenté (20,26 %). Ils sont suivis par ceux des transports (12,63 %), des vêtements et chaussures (12,43 %), ceux de l’alimentation et des boissons non alcoolisées (11,43 %) et ceux des boissons alcoolisées et du tabac (10,13 %).
De manière générale, les prix des moyens de communication et de l’éducation sont ceux enregistrant les plus faibles hausses. Sur la même période et en rythme annuel, l’ACS estime leurs taux d’inflation respectifs à 9,65 % et 36,21 %, tandis qu’en glissement mensuel, elle note une hausse de 0,56 % pour les premiers et aucune pour les seconds. Toutefois, cette situation pourrait changer, la plupart des universités et des écoles privées souhaitant prochainement imposer des frais de scolarité libellés en dollars et non en monnaie nationale, tandis que le ministère des Télécoms a annoncé un changement des tarifs des opérateurs téléphoniques tant mobiles que fixes qui devrait entrer en vigueur à partir du 1er juillet.
Enfin, les prix en rythme mensuel ont augmenté dans chaque mohafazat du pays, en commençant par Nabatiyé (11,79 %), suivi par le Liban-Sud (9,35 %), le Liban-Nord (8,52 %), la Békaa (8,44 %), la capitale (7,35 %) et le Mont-Liban (6,84 %).


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