Actu littéraire

Molière, Eco, Vitoux et Rufin : à lire ce mois-ci

Molière dans « La Pléiade »

À l'occasion du quatrième centenaire de la naissance de Molière, la « Bibliothèque de la Pléiade » propose sous forme de coffret les deux tomes (parus en 2010) réunissant les œuvres complètes de l'auteur du Malade imaginaire. Ces volumes reconstituent la trajectoire éditoriale de l’œuvre et insistent sur ce qui distinguait Molière des autres auteurs de son temps : une indifférence souveraine à l’égard des règles de poétique théâtrale ; des innovations radicales dans l’« action » comme dans la structure des pièces ; une réussite exceptionnelle dans la comédie «mêlée de musique » ; et surtout un jeu permanent, sans précédent, sûr et avec des valeurs qui étaient les siennes, que partageait son public (la cour comme la ville), que nous partageons toujours pour une bonne part, et dont il a fait la matière même de ses comédies, créant ainsi entre la salle et la scène une connivence inouïe, qui dure encore... À noter également un Dictionnaire amoureux de Molière par le comédien Francis Huster chez Plon.

Reconnaître le faux d'Umberto Eco

À l'ère des fake news et autres faits alternatifs, il est revigorant de relire ce qu’Umberto Eco avait à dire sur le sujet. Avec sa clarté, et son gai savoir habituels, le grand écrivain italien déconstruit les notions de mensonge, de faux et de falsification, dont il a si souvent joué dans ses fictions. L’humaniste emprunte autant à l’histoire de la logique, à la philosophie du langage qu’à la littérature, pour nous parler d’éthique, de mauvaise foi, d’ironie et d'authenticité. Dans un essai aussi bref que réjouissant, à paraître chez Grasset le mois prochain, il nous offre des clés pour démêler le vrai du faux.

Jean-Christophe Rufin en « Quarto »

Publiés entre 1995 et 2017, les romans historiques de Jean-Christophe Rufin viennent d'être réunis dans la collection « Quarto » en un volume de 1 500 pages préfacé par Sylvain Tesson et augmenté de documents personnels inédits. De la Corne de l’Afrique aux côtes du Brésil, de l’île de Chios à la Sibérie, en passant par Madagascar et l’Égypte, le lecteur découvre les « aventures heureuses » imaginées par l'académicien.

Le dernier Vitoux

Le dernier livre de l'académicien Frédéric Vitoux, qui sort ce mois-ci chez Grasset, s'intitule L'Ours et le philosophe. L’ours, c’est le sculpteur Étienne Maurice Falconet, auteur de la statue équestre de Pierre Le Grand à Saint-Pétersbourg. Le philosophe, c’est Diderot qui intervint avec empressement auprès de Catherine II pour que son ami bénéficiât de cette commande qui allait assurer sa célébrité dans toute l’Europe. À travers leur amitié, leur correspondance et leur longue querelle épistolaire autour de la notion de postérité, Frédéric Vitoux restitue ici une époque et des hommes essentiels de l’histoire des idées. À la faveur de rapprochements et de digressions, ce sont des moments de sa propre vie qu’il mêle à la matière de son essai, ce qui lui permet de s’exprimer mezza voce sur le débat qui, en son temps, nourrit l’amitié des deux hommes et aboutit à leur rupture.

Molière dans « La Pléiade »À l'occasion du quatrième centenaire de la naissance de Molière, la « Bibliothèque de la Pléiade » propose sous forme de coffret les deux tomes (parus en 2010) réunissant les œuvres complètes de l'auteur du Malade imaginaire. Ces volumes reconstituent la trajectoire éditoriale de l’œuvre et insistent sur ce qui distinguait Molière des autres auteurs de son temps : une indifférence souveraine à l’égard des règles de poétique théâtrale ; des innovations radicales dans l’« action » comme dans la structure des pièces ; une réussite exceptionnelle dans la comédie «mêlée de musique » ; et surtout un jeu permanent, sans précédent, sûr et avec des valeurs qui étaient les siennes, que partageait son public (la cour comme la ville), que nous partageons...
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