Vue du sit-in de solidarité avec le journaliste Mohammad Awad à Beyrouth, le 10 janvier 2022. Photo Mohammad Yassine
Le journaliste libanais Mohammad Awad a été convoqué, lundi, par le bureau de lutte contre la cybercriminalité, dans le quartier dit de "Chevrolet", au sud de Beyrouth, après une plainte déposée contre lui pour avoir apporté, sur les réseaux sociaux, son soutien à une mère de famille privée de ses enfants par son mari.
A sa sortie du commissariat après son interrogatoire, M. Awad a démenti à notre journaliste Mohammad Yassine que sa convocation soit liée à une question politique, comme l'avaient avancé certaines des personnes présentes à un sit-in de solidarité. Il a souligné que sa convocation concernait une plainte déposée contre lui par une personne qu'il n'a pas nommée et "qui se trouve à l'étranger et est recherchée par la justice", dans le cadre d'une affaire "liée aux droits humains".
Dans la publication concernée, qui date de début décembre, le journaliste apportait son soutien à une mère de famille dont les enfants ont été "enlevés" par son mari et emmenés à l'étranger, malgré un mandat d'amener lancé à son encontre. Il a ajouté qu'il remettait cette affaire "aux mains de la justice" et refusait de supprimer la publication incriminée sur les réseaux sociaux "jusqu'à ce que la justice prenne une décision".
Lors de son interrogatoire, quelques dizaines de personnes s'étaient rassemblées devant le bureau de lutte contre la cybercriminalité, en signe de solidarité avec le journaliste.
"Nous sommes ici en solidarité avec Mohammad Awad, qui s'exprime toujours librement en appelant les choses par leur nom, contre la corruption, la classe politique au pouvoir et l'occupation" du pays, avait déclaré une participante au sit-in, qui avait implicitement accusé le Hezbollah d'être derrière la convocation du journaliste.
Les convocations d'activistes anti-pouvoir, de militants proches du mouvement du 17 octobre ou de journalistes, pour des articles ou publications sur les réseaux sociaux, se sont multipliées ces dernières années au Liban.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine