Le président de la commission parlementaire de la Santé, le député Assem Araji. Photo ANI
Le président de la commission parlementaire de la Santé, Assem Araji, a annoncé, mardi, que des débats supplémentaires sont nécessaires autour de deux propositions de loi sur l'importation de médicaments dans un contexte de crise économique inédite au Liban.
A l'issue d'une réunion de la commission au Parlement, M. Araji a expliqué que la députée Inaya Ezzeddine, du mouvement Amal, a présenté deux propositions de loi, l'une pour autoriser l'importation urgente de médicaments et équipements médicaux, et l'autre pour libéraliser le processus d'importation de ces produits et mettre un terme à l'accaparement dont ils font l'objet. "Nous étions d'accord sur le fait que ces deux propositions nécessitent davantage de discussions et qu'elles chevauchent avec la loi sur la concurrence et d'autres décisions prises par le ministre de la Santé (...) C'est pour cela que nous étudierons ces propositions lors des prochaines séances", a-t-il ajouté.
La suppression des subventions pour l'importation de nombreux médicaments et équipements médicaux a provoqué une hausse considérable de leur prix au vu de la vive dépréciation de la monnaie nationale. Des plans préliminaires pour une carte du médicament ont été proposés par l’ancien ministre de la Santé, Hamad Hassan, le 2 septembre dernier, impliquant le soutien de donateurs internationaux et le paiement des médicaments par crédit. Cette carte, qui se fait toujours attendre, est prévue par le gouvernement afin de venir en aide aux familles démunies dans un Liban où plus de 74 % de la population vit sous le seuil de pauvreté.
"Hier, les prix des médicaments ont encore augmenté, certains de 20% et cela est dû, comme l'affirment les sociétés importatrices, à l'effondrement de la livre libanaise, alors même que les subventions sur les médicaments pour les maladies chroniques et le cancer sont maintenues", a constaté le député. "(...) Nous avons donc jugé que la solution réside dans la création d'une commission ministérielle, alors que le gouvernement ne se réunit plus", a-t-il dit alors que le cabinet de Nagib Mikati est paralysé depuis le 12 octobre par une crise politique.
"La solution au problème des médicaments ne sera résolue que si l'Etat négocie avec chaque institution, au cas par cas. C'est de la sorte que leurs prix pourront baisser", a encore estimé M. Araji.
Le député s'est également penché sur la situation de la pandémie du coronavirus dans le pays. "Aujourd'hui, le coronavirus se répand rapidement, et la propagation du variant Omicron a doublé durant les derniers jours", a-t-il constaté. "Nous nous attendons à une augmentation des cas de contaminations. Cela sera problématique si des cas s'avèrent graves et nécessitent une hospitalisation. Nous avons actuellement 916 lits, notamment en soins intensifs. Nous avons constaté qu'hier, 40 patients ont été admis, et cela n'est pas rassurant (...) Nous appelons la population à respecter les mesures préventives car nous pourrions nous retrouver sans lits disponibles", a enfin mis en garde M. Araji.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine