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Prison à vie pour l'auteur du meurtre antisémite d'une vieille dame

Prison à vie pour l'auteur du meurtre antisémite d'une vieille dame

Croquis d'audience montrant Yacine Mihoub (g.) and Alex Carrimbacus (d.), les deux accusés du meurtre de Mireille Knoll, une vieille dame juive poignardée et brûlée, à Paris, lors de leur procès, le 8 novembre 2021. Photo Benoit PEYRUCQ / AFP

L'auteur du meurtre à caractère antisémite d'une vieille dame tuée de onze coups de couteau avant d'être brûlée à Paris, une affaire qui avait causé une vive émotion en France et à l'étranger, a été condamné mercredi à la prison à vie.

Le 23 mars 2018, les pompiers appelés pour un incendie dans un logement social avaient découvert le frêle corps en partie carbonisé de Mireille Knoll, en travers de son lit médicalisé, les jambes ballantes.

La privation de liberté à perpétuité infligée par la Cour d'Assises de Paris à Yacine Mihoub a été assortie d'une période de sûreté de 22 ans, soit plus que les 18 ans requis par l'avocat général. Le deuxième accusé dans cette affaire, Alex Carrimbacus, a été acquitté pour le meurtre, mais a été condamné à 15 ans de réclusion assortie d'une peine de sûreté de deux tiers pour vol aggravé chez la victime.

Comme pour Yacine Mihoub, le caractère antisémite a été retenu pour lui, de même que la circonstance aggravante de la vulnérabilité de Mme Knoll, 85 ans et très affaiblie par la maladie de Parkinson.

Reconnue coupable d'avoir détruit des objets et nettoyé l'arme du crime, la mère de Yacine Mihoub, Zoulikha Khellaf, a quant à elle été condamnée à trois ans de prison, dont un an ferme à domicile sous surveillance électronique.

La cour a estimé que les faits s'étaient inscrits dans un "contexte global antisémite". "Le caractère crapuleux a été alimenté par une haine en raison de l'appartenance" de la victime à la "religion juive" et par des "préjugés" de Yacine Mihoub et des "croyances que des richesses puissent être dissimulées" dans le logement social de Mme Knoll. 

"C'est juste, c'est ce qu'on attendait. Notre famille va pouvoir démarrer son deuil", a réagi le petit-fils de Mireille Knoll. A l'énoncé du verdict, plusieurs de leurs proches étaient en larmes.

"Haine larvée" 
Les deux accusés se sont toujours renvoyés la responsabilité du meurtre de Mireille Knoll. Si les circonstances de ce drame sont restées opaques, les experts et les témoins qui se sont succédé à la barre ont dressé un portrait psychologique sans équivoque de ces hommes. Yacine Mihoub, est rancunier. Il a "le vin mauvais" et une tendance victimaire depuis un viol subi à 12 ans dans un internat, selon les conclusions des experts.
Mireille Knoll était la voisine de sa mère. Cette femme coquette aux yeux bleus décrite pendant le procès comme ayant été tolérante, aimée et aimante, était, a dit son meurtrier, une "grand-mère de substitution" à laquelle il a rendu de nombreux services.

Son voisin de box Alex Carrimbacus a pour sa part été décrit comme rongé par une quête identitaire, une souffrance affective "massive", d'après les experts, amplifiée par les placements à répétition dans l'enfance, un viol et la rue où il a déjà mendié pour payer sa drogue.

Les deux hommes au casier judiciaire déjà long se sont rencontrés en détention.

L'après-midi du 23 mars 2018, ils se sont retrouvés dans le 55 m2 de Mireille Knoll, au deuxième étage, pendant plus de deux heures. Nul ne sait ce qu'il s'est alors déroulé. Selon la cour, l'agression sexuelle par Yacine Mihoub en 2017 d'une collégienne que logeait Mme Knoll a pu être à l'origine d'un "contentieux latent". Celui-ci a pu être alimenté par une "détestation larvée" des Juifs. Son intérêt pour des livres sur Mohamed Merah, la Charia ou Mein Kampf sont venus appuyer cette thèse, a estimé la cour. Cette haine a "ressurgi avec la consommation d'alcool" et une conversation qui s'est envenimée ce 23 mars entre lui et Mme Knoll et elle a "trouvé son apogée dans le déchainement de violence".

La mort de cette femme, qui avait fui Paris en 1942 pour échapper aux persécutions antisémites, avait beaucoup ému, d'autant plus qu'un an auparavant, Sarah Halimi, une sexagénaire juive, avait été tuée et défenestrée par un homme finalement considéré comme irresponsable pénalement. 

L'auteur du meurtre à caractère antisémite d'une vieille dame tuée de onze coups de couteau avant d'être brûlée à Paris, une affaire qui avait causé une vive émotion en France et à l'étranger, a été condamné mercredi à la prison à vie.
Le 23 mars 2018, les pompiers appelés pour un incendie dans un logement social avaient découvert le frêle corps en partie carbonisé de Mireille Knoll, en travers de son lit médicalisé, les jambes ballantes.
La privation de liberté à perpétuité infligée par la Cour d'Assises de Paris à Yacine Mihoub a été assortie d'une période de sûreté de 22 ans, soit plus que les 18 ans requis par l'avocat général. Le deuxième accusé dans cette affaire, Alex Carrimbacus, a été acquitté pour le meurtre, mais a été condamné à 15 ans de réclusion assortie d'une peine de...