Un soldat libanais à bord d'un véhicule blindé lors d'un déploiement militaire à Khaldé, au sud de Beyrouth, le 1er août 2021, suite à des affrontements armés entre des partisans du Hezbollah et des membres de tribus arabes de la localité. Photo AFP / ANWAR AMRO
L'armée libanaise a annoncé avoir arrêté lundi un des tireurs présumés impliqués dans les accrochages armés qui ont éclaté dimanche après-midi à Khaldé, au sud de Beyrouth, entre des partisans du Hezbollah et des membres des tribus arabes habitant la localité, suite à un acte de vendetta.
La troupe a perquisitionné les domiciles de plusieurs personnes recherchées dans la région et arrêté A. Ch., qui faisait partie des tireurs qui ont ouvert le feu sur le convoi funéraire de Ali Chebli et provoqué la mort de plusieurs personnes, a annoncé l'armée dans un bref communiqué publié sur son site.
Le commissaire du gouvernement par intérim près le tribunal militaire, le juge Fadi Akiki, a en outre chargé les services de renseignements de l'armée d'effectuer les enquêtes préliminaires et les recherches nécessaires pour arrêter toutes les personnes impliquées dans les affrontements de dimanche et dans le meurtre de Ali Chebli. Le juge Akiki a également demandé une enquête de terrain sur les lieux des affrontements, appelant les forces de sécurité à lui soumettre tous les rapports déjà élaborés sur les incidents du week-end.
Plusieurs des victimes de ces affrontements, dont le nombre exact n'a pas encore été établi, ont été inhumées dans le courant de la journée, dans des localités de la Békaa et du Sud. Mohammad Ayoub a été inhumé à Bodaï, dans la région de Baalbeck. Les funérailles de Ali Chebli ont eu lieu à Kounine, à Bint Jbeil.
Réagissant en outre à ce dérapage sécuritaire lors d'une conférence de presse en début d'après-midi, le chef du Courant patriotique libre (CPL, aouniste), Gebran Bassil, s'est prononcé "contre la propagation anarchique des armes" utilisées à l'intérieur du pays, dénonçant l'existence, depuis le lancement du soulèvement populaire du 17 octobre 2019, de "gangs" dans les rues du pays. "Nous sommes contre la sédition et l'intolérance confessionnelle", a-t-il ajouté.
Les combats, à l'arme automatique et aux roquettes RPG ont eu lieu plusieurs heures durant, après que le convoi funéraire de Ali Chebli, un membre du Hezbollah tué samedi dans le cadre d’une vendetta, a été pris dans une embuscade tendue par les proches du tueur. Dans un communiqué publié en soirée, les tribus arabes de Khaldé avaient indiqué que les tirs répondaient à la "provocation" que constituait selon eux le convoi, composé de voitures sans plaques d'immatriculation et de mobylettes dont les passagers brandissaient des drapeaux partisans et lançaient des slogans s'en prenant aux tribus, ainsi qu'à des tirs provenant du convoi.
Massivement dépêchée sur place, la troupe avait réussi à restaurer le calme en début de soirée. Ali Chebli, membre de la formation pro-iranienne, avait été tué samedi dans le cadre d’une vendetta alors qu’il se trouvait à un mariage samedi à Jiyeh. Le tueur a voulu venger la mort de son frère, Hassan Ghosn, un adolescent abattu il y a un an dans un crime imputé par la famille à Chebli. À l’époque, une rixe armée à Khaldé entre des partisans du Hezbollah chiite et des tribus arabes sunnites du secteur de Khaldé avait éclaté sur fond de déploiement de banderoles et de drapeaux par des partisans du Hezbollah sur des poteaux électriques à l’occasion de la commémoration de Achoura.


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