Logo du mouvement Amal. Photo ANI.
Le bureau politique du mouvement Amal, parti dirigé par le président de la Chambre, Nabih Berry, a dénoncé lundi un "blocage" de toutes les solutions proposées pour former le futur gouvernement et "l'entêtement" de certaines parties politiques, alors que les Libanais continuent de subir les répercussions d'une grave crise socio-économique.
"Il ne faut plus détourner le regard du problème essentiel, qui n'est autre que le blocage des solutions et le recours à des substituts non-constitutionnels qui ne peuvent pas sauver le pays", a souligné le mouvement Amal dans un communiqué de presse. Le parti a également estimé que "le pays risque d'arriver à un point de non-retour à cause de la persistance de l'entêtement politique qui bloquent la formation du gouvernement sur la base de l'initiative lancée par Nabih Berry".
Le Liban demeure sans gouvernement depuis la démission du cabinet de Hassane Diab dans la foulée de la double explosion au port de Beyrouth. En dépit de la désignation de Saad Hariri, en octobre 2020, le nouveau cabinet n'a toujours pas vu le jour, M. Hariri étant empêtré dans un imbroglio politico-personnel qui l'oppose au camp aouniste, à savoir le président libanais Michel Aoun et son gendre, Gebran Bassil. Dans ce bras de fer, Nabih Berry, qui avait lancé une initiative axée sur la formation d’un cabinet de 24 ministres, à raison de huit pour chacun des trois grands ensembles politiques du pays, a clairement pris parti, à plusieurs reprises, pour le leader sunnite.
Après cette prise de position de M. Berry, Gebran Bassil, le chef du Courant patriotique libre (CPL, aouniste), avait critiqué cette initiative, accusant le chef du Législatif d’œuvrer pour remplacer la parité islamo-chrétienne par un système de partage par tiers (entre chrétiens, sunnites et chiites). Il avait appelé le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, à être l'"arbitre" du conflit gouvernemental et à prendre position quant au conflit gouvernemental. Le dignitaire chiite avait, toutefois, donné un nouvel élan à l’initiative du chef du Législatif, qu'il avait à nouveau soutenue.
Afin de résoudre le blocage gouvernemental et les crises dans lesquelles sombre le Liban, le bureau politique du mouvement Amal a par ailleurs appelé les différentes parties politiques à mettre un terme à leurs divergences afin de "lutter contre les monopoles de carburants, de médicaments et de produits alimentaires". Il a également averti d'une "dégradation de la situation sécuritaire et de la paix civile".
Le mouvement Amal a appelé les dirigeants à agir "dans l'urgence" afin d'éviter "une chute collective dans l'abîme". "Au vu du blocage politique en vigueur, les blocs parlementaires sont appelés à voter, le plus vite possible, les lois capables d'améliorer la situation des Libanais, notamment la carte d'approvisionnement", a-t-il ajouté.
Le président du Parlement a convoqué les députés mercredi et jeudi pour une séance plénière qui doit se tenir au palais de l'Unesco et qui sera consacrée notamment à la proposition de loi sur la carte d'approvisionnement. Cette carte devrait être distribuée aux familles libanaises défavorisées pour répondre à la crise socio-économique dans laquelle s'enlise le pays depuis août 2019. Le texte avait été approuvé jeudi dernier par les commissions parlementaires mixtes.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine