Le politologue français Olivier Duhamel le 19 mai 2016 à Paris. AFP / STEPHANE DE SAKUTIN
Le politologue français Olivier Duhamel, accusé de viols et agressions sexuelles par son beau-fils, le fils de l'ancien "French doctor" Bernard Kouchner, a reconnu les faits devant la police, a-t-on appris mercredi de source proche du dossier.
Entendu mardi par la Brigade de protection des mineurs (BPM), M. Duhamel a reconnu les faits "difficilement", selon cette source. Une enquête a été ouverte début janvier après la publication du livre de sa belle-fille, Camille Kouchner, "La Familia Grande", qui a créé un électrochoc dans la société française. Elle y raconte comment à la fin des années 80, selon elle, son frère jumeau surnommé "Victor", alors adolescent, a été victime d'inceste par son beau-père, le politologue de renom Olivier Duhamel, ancien eurodéputé, haut responsable à la prestigieuse école parisienne Science Po, et habitué des médias. "Victor", aujourd'hui âgé de 45 ans a déposé plainte contre M. Duhamel, à l'issue de son audition le 21 janvier par les policiers de la BPM.
Fils du célèbre fondateur des "French doctors" Bernard Kouchner, qui fut plusieurs fois ministre, et de la professeure de droit Evelyne Pisier (morte en 2017), remariée avec Olivier Duhamel, "Victor" avait été interrogé dans une première procédure ouverte en 2011. Mais il avait alors refusé de déposer plainte pour ces faits, probablement prescrits.
La publication du livre de Camille Kouchner a suscité une libération de la parole avec de nombreux témoignages sur l'inceste, notamment sur les réseaux sociaux via le mot-dièse #Metooinceste. Camille Kouchner avait mis en cause une forme d'omerta familiale sur cette affaire mais aussi le silence du microcosme des gens de pouvoir, autour du couple Duhamel-Pisier. Son récit a également relancé le débat sur la prescription des agressions sexuelles commises sur les mineurs.
Après les révélations, Olivier Duhamel avait d'abord dénoncé des "attaques personnelles" et démissionné de l'ensemble de ses fonctions: outre la présidence de la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP), qui chapeaute Sciences Po, le politologue a aussi quitté celle du club d'influence "Le Siècle" et arrêté ses émissions sur la chaîne LCI ou la radio Europe 1.


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