L'homme d'affaire libanais Baha' Hariri. Photo d'archives DR
L'homme d'affaires libanais Baha' Hariri, frère du leader du Courant du Futur et ex-Premier ministre Saad Hariri, a appelé vendredi à la formation d'un "gouvernement technocrate jouissant de prérogatives", alors que son frère Saad s'est déclaré candidat au poste de Premier ministre. Mais les consultations parlementaires contraignantes, prévues hier, ont finalement été reportées au 22 octobre par le président Michel Aoun. Baha' Hariri a également critiqué "un système politique à bout de souffle" qui "n'est pas parvenu à résoudre les problèmes fondamentaux" soulevés par le mouvement de protestation du 17 octobre 2019.
"Il faut que les intérêts personnels et partisans soient mis de côté afin de permettre la formation d'un gouvernement technocrate jouissant de prérogatives, a estimé Baha' Hariri. Nous devons rapidement revenir aux négociations avec le Fonds monétaire international afin de raviver l'économie libanaise et de mettre un terme à la protection accordée aux intérêts privés, a-t-il encore affirmé. Nous devons regagner la confiance économique en montrant que nous sommes prêts aux réformes sur tous les plans au sein du gouvernement. Ces mesures nous accorderont un répit temporaire qui doit être suivi par un programme ferme pour lutter contre les problèmes essentiels (...) et paver la voie de manière permanente à un gouvernement non confessionnel", a-t-il ajouté.
Mercredi, Michel Aoun a ajourné d'une semaine les consultations parlementaires contraignantes en vue de nommer un nouveau Premier ministre afin d' assurer un "climat propice", alors que la désignation du leader du courant du Futur, Saad Hariri, semblait acquise numériquement grâce au soutien du Futur, du parti du leader druze Walid Joumblatt et des Marada, mais sans l'appui des deux plus importantes formations chrétiennes, le Courant patriotique libre et les Forces libanaises. La semaine dernière, M. Hariri s'était déclaré candidat pour la formation d'un gouvernement de spécialistes sans affiliation politique pour une durée limitée. Ce gouvernement devrait être chargé de mettre en œuvre les réformes réclamées par la communauté internationale pour sortir le pays de la crise, conformément à l'initiative du président français Emmanuel Macron.
Baha' Hariri est en outre revenu sur le premier anniversaire de la révolte populaire contre le système en place, déclenchée le 17 octobre 2019. "Il n'y a plus de temps. Il y a un an aujourd'hui, les Libanais ont demandé d'une seule voix de changer la façon dont leur pays est administré. Des hommes et des femmes courageux de tous âges et religions sont descendus dans la rue pour dire ce que beaucoup d'entre nous pensons : la politique libanaise est paralysée, et rien moins qu'un changement total peut résoudre les problèmes fondamentaux", a-t-il estimé.
Et de poursuivre : "Les politiciens libanais ont laissé passer une année entière sans répondre aux demandes du peuple. Les préoccupations légitimes ont été délibérément ignorées (...) par la classe politique corrompue qui ne se soucie que de préserver ses propres intérêts".
Ces propos interviennent alors que Baha' Hariri, qui ne cachait plus sa rivalité avec son frère Saad, s'était récemment dit prêt à "servir le Liban d'une manière ou d'une autre".


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