Le logo de l'Organisation mondiale du commerce, sur une façade de son siège à Genève, en Suisse, le 2 octobre 2018. Photo REUTERS/Denis Balibouse/File Photo
Après 25 ans de services, l'Organisation mondiale du commerce est au point mort, et a besoin d'une réforme et d'un directeur général pragmatique, a plaidé mercredi le candidat saoudien à la direction de l'organisation, Mohammed Al-Tuwaijri.
"1995, 25 ans : pour moi toute organisation dans le monde doit se repenser quel que soit le contexte extérieur, et dans notre cas il est sévère. C'est une nécessité", a expliqué l'ancien pilote de chasse, ministre et banquier, lors d'une vidéoconférence organisée par le Club suisse de la presse. "En gros les choses ne bougent pas", a constaté celui qui souhaite remplacer le brésilien Roberto Azevedo, parti fin août avec un an d'avance. Le saoudien, 53 ans, est en lice contre 7 autres candidats.
De fait l'OMC est quasiment paralysée, à cause de la guerre commerciale entre les deux premières puissances mondiales, Chine et Etats-Unis, de la méfiance de l'administration Trump envers l'organisation et le multilatéralisme en général mais aussi, estime M. Al-Tuwaijri, en raison d'un manque de remise en cause au sein de l'OMC elle-même.
Il prône "un leadership pragmatique", un directeur général qui "écoute les membres mais qui est réellement impartial, donne des idées, est efficace (...) et qui avance progressivement, pas par à coups". Pour M. Al-Tuwaijri, il faut réformer mais aussi "prouver aux membres qu'on peut faire des choses" par exemple en arrivant à finaliser des dossiers dont certains sont négociés depuis des années. Selon le candidat, le monde est à un point de bascule qui "va changer tout ce que nous savons du commerce et de l'économie", en raison de la situation extraordinaire provoquée par la pandémie de Covid-19. Mais "c'est aussi une fenêtre d'opportunité pour ramener à la vie le système commercial multilatéral (...) et s'assurer que cette organisation est utile". Mais cette opportunité "est de courte durée et si nous la ratons nous aurons à faire à un scénario bien pire dans les années à venir", a-t-il ajouté. "J'espère que le choix du directeur général est axé sur le pragmatisme, la compréhension de la situation, le leadership, la capacité à ouvrir des portes, des stratégies, une dynamique, une souplesse, une efficacité et une capacité à achever des choses" au sein de cette organisation", a-t-il conclu.
L'OMC mène ces jours-ci une première série de consultations - appelées "confessionnaux" - avec chacun des membres afin d'éliminer les trois candidats les moins bien placés pour recueillir un appui consensuel. Deux autres séries de consultations suivront, vraisemblablement en octobre et novembre. La liste des cinq hommes et trois femmes qui veulent prendre la tête de l'organisation devrait donc se raccourcir encore cette semaine.
Outre le candidat saoudien, sont en lice : Liam Fox, ancien ministre du Commerce extérieur britannique et pro-Brexit; Abdel-Hamid Mamdouh, un égyptien bon connaisseur de l'OMC; Amina Mohamed, ministre kényane qui a occupé des fonctions importantes au sein de l'OMC; Ngozi Okonjo-Iweala, première femme ministre des Finances et chef de la diplomatie nigériane; Jesus Seade Kuri, mexicain, ancien directeur général adjoint de l'OMC; Tudor Ulianovschi, ancien chef de la diplomatie moldave et Yoo Myung-hee, sud-coréenne ancienne ministre du commerce.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine