Le président libanais Michel Aoun (g) et l'ancien Premier ministre Nagib Mikati, le 15 septembre 2020 à Baabda. Photo Twitter/Présidence libanaise
Le président libanais Michel Aoun poursuivait mardi matin, pour le deuxième jour consécutif, ses concertations avec les groupes parlementaires en vue de la formation du gouvernement que doit présider Moustapha Adib.
Le chef de l’État s'est ainsi entretenu avec l'ancien Premier ministre et actuel député de Tripoli, Nagib Mikati, le député druze Talal Arslane, Hagop Pakradounian, député du Metn représentant le parti arménien Tachnag, ainsi que le chef du groupe parlementaire du Hezbollah Mohammad Raad. Il a clôturé ces concertations par un entretien avec les députés Ali Hassan Khalil et Mohammad Khawaja, représentants le mouvement Amal du président du Parlement, Nabih Berry.
"Nous avons discuté des moyens de sortir de la crise et le dossier gouvernemental n'a pas été abordé" a déclaré Nagib Mikati à la chaîne locale LBCI, à l'issue de sa réunion avec le chef de l'Etat. Selon des informations de la chaîne, les concertations entre le Courant Patriotique Libre et le tandem chiite "se sont poursuivies au plus haut niveau durant les dernières heures", tandis que le député du Hezbollah Mohammad Raad a informé le président de la République, toujours selon la LBCI, de l'attachement du tandem chiite au ministère des finances et à la désignation des ministres de la communauté chiite. Le président Berry se montrerait toutefois "flexible" quant à la désignation du ministre des Finances, ajoute la chaîne.
"Nous sommes en faveur de la rotation générale (sur le plan des ministères), et nous sommes contre le parachutage de ministres de l'extérieur. En tant que députés, nous devons contribuer à la nomination des ministres et les connaître", aurait pour sa part indiqué Hagop Pakradounian, député du Tachnag, selon la LBCI.
Lundi, Moustapha Adib s'était rendu au palais présidentiel et s'était entretenu avec le chef de l'État, mais il ne lui a finalement pas présenté de mouture du gouvernement, contrairement à ce qui était prévu, conformément à l'initiative française pour sortir le Liban de sa crise.
A la suite de son entretien avec Moustapha Adib, Michel Aoun a rencontré les représentants de plusieurs formations politiques. Selon une source haririenne, M. Aoun a profité de ces rencontres pour sonder l’avis des groupes parlementaires concernant le processus gouvernemental, ainsi que l’attribution du portefeuille des Finances à un ministre chiite. Il les a également interrogés sur le point de savoir s’ils acceptent que le Premier ministre nomme lui-même les représentants des partis politiques au sein de son équipe.
Alors que la naissance du gouvernement de Moustapha Adib semblait imminente, le chef de l'État et le Premier ministre désigné s'étaient finalement entendus lundi sur la nécessité de mener des contacts avec les chefs de file politiques en vue d'assurer la "plus large couverture parlementaire et politique" au nouveau cabinet.
Selon des sources informées, citées par Hoda Chédid, notre correspondante à Baabda, M. Adib se rendra de nouveau au palais présidentiel" dans quelques jours lorsque les concertations auront mûri".
Ces développements interviennent alors que le délai des 15 jours que les forces politiques du pays s'étaient engagées à respecter auprès du président français Emmanuel Macron, le 1er septembre dernier, pour la formation d'un gouvernement expire dans les prochaines heures. Conformément à cette initiative française pour sortir le Liban de sa crise politique et financière, M. Adib est appelé à former un cabinet "de mission" composé de 14 membres, tous spécialistes indépendants et respectant le principe de la rotation des portefeuilles au grand dam du tandem chiite. Ce cabinet était donc censé voir le jour au plus tard mardi.


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