Des passants observent les dégâts au port de Beyrouth, le 12 août 2020. Photo REUTERS/Alkis Konstantinidis
L'avocat général près la cour de cassation, le juge Ghassan Khoury, poursuivait mercredi ses interrogatoires, dans le cadre de l'enquête menée sur la double explosion dévastatrice du 4 août dans le port de Beyrouth, avec les convocations de plusieurs hauts-gradés des différents appareils sécuritaires et responsables du port. Le juge Khoury mène ses interrogatoires dans la caserne de Rihaniyé, rapporte l'Agence nationale d'Information (Ani, officielle), sans citer les noms des responsables en question.
Lundi, c'est le directeur général de la Sécurité de l'Etat, le général Tony Saliba, qui avait été entendu pendant plusieurs heures par l'avocat général près la Cour de cassation. Il n'avait pas été mis en détention après son témoignage mais s'était engagé à rester à la disposition de la justice.
D'autres responsables ont par ailleurs été placés en détention depuis le début de l'enquête, notamment le directeur des Douanes, Badri Daher, son prédécesseur Chafic Merhi et le directeur général du port de Beyrouth, Hassan Koraytem. Deux enquêtes sont donc menées parallèlement jusqu'à présent : une administrative, menée par le Premier ministre démissionnaire Hassane Diab, et une judiciaire, chapeautée par le procureur général Ghassan Oueidate.
Le 4 août, deux explosions d'une violence inouïe ont ravagé le port de Beyrouth et de nombreux quartiers de la capitale, faisant 171 morts et 6.000 blessés, selon un bilan encore provisoire. Selon la version officielle, l'explosion a été déclenchée par un incendie dans un stock de 2.750 tonnes de nitrate d'ammonium stockées au port depuis 2014, sans mesures de sécurité. Le président de la République, Michel Aoun a évoqué l'hypothèse d'une bombe ou d'un missile. Il a rejeté les appels à une enquête internationale, estimant qu'elle "diluerait la vérité".


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