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La Chine avertit que la loi sur la sécurité a été violée pendant les primaires

La Chine avertit que la loi sur la sécurité a été violée pendant les primaires

Des candidats aux élections primaires du 11 juin du parti pro-démocratie à Hong Kong, en campagne. Photo AFP / May JAMES

La Chine a qualifié lundi soir les primaires organisées à Hong Kong par les partis du camp pro-démocratie de "grave provocation" et avertit que certaines promesses de campagne pourraient avoir enfreint la nouvelle loi draconienne sur la sécurité nationale imposée au territoire.

Cette mise en garde du Bureau de liaison, l'organe du pouvoir central chinois dans le territoire semi-autonome, accroît les risques de poursuites judiciaires contre les partis d'opposition et certaines figures du mouvement pro-démocratie.

Plus de 600.000 Hongkongais ont pris part ce week-end à ce scrutin non officiel en dépit des avertissements lancés par les autorités sur le fait qu'il pourrait enfreindre la nouvelle loi imposée par Pékin.  Cette élection était organisée par le camp pro-démocratie pour désigner les candidats qui se présenteront en septembre pour briguer des sièges au sein du Conseil législatif (LegCo), le parlement local. Les partis pro-démocratie espèrent que la colère grondante au sein de la population de Hong Kong contre le régime chinois leur permettra d'obtenir la majorité du parlement, en dépit d'un système électoral pondéré favorable à Pékin. Une prise de contrôle du Parlement leur donnerait ainsi la capacité d'entraver le vote des budgets et des lois, c'est désormais l'une des rares fenêtres de tir qu'il reste au camp pro-démocratie pour exprimer son opposition.

"Sérieuse provocation"
Dans son communiqué, publié lundi soir, le Bureau de liaison a souligné que ces primaires constituaient "une sérieuse provocation à l'égard du système électoral actuel". Il a par ailleurs affirmé que mener une campagne électorale afin de prendre le contrôle du Parlement et de paralyser son fonctionnement portait atteinte à l'article 22 de la loi de sécurité nationale.

Cet article vise à réprimer la "subversion du pouvoir étatique". Il proscrit ainsi toute "ingérence et obstructions sérieuses" à l'encontre du gouvernement central chinois et du gouvernement local hongkongais ainsi que toute action susceptible de les rendre "dans l'incapacité d'exercer leurs fonctions normalement".
Le contenu de cette loi a été gardé secret jusqu'à sa promulgation le 30 juin. Le parlement local n'a pas eu son mot à dire.

Le Bureau de liaison a également pointé du doigt, Benny Tai, une des personnalités de premier plan du mouvement pro-démocratie qui a joué un grand rôle dans l'organisation de ces primaires. Selon cet organe chinois, "l'objectif du gang de Benny Tai et du camp de l'opposition est de prendre le pouvoir pour gouverner Hong Kong en essayant vainement de lancer une version hongkongaise de la +révolution de couleur+", ces soulèvements populaires ayant porté des pro-occidentaux au pouvoir dans plusieurs ex-républiques soviétiques.
M. Tai, professeur de droit, a fait de la détention pour son rôle en 2014 dans le "Mouvement des Parapluies", un mouvement pacifique.

"Le chemin de la démocratie" 
Mardi, le quotidien Apple Daily, a publié une tribune de M. Tai dans laquelle il se félicite de la tenue de ces primaires. "Les menaces des puissants n'ont pas dissuadé des dizaines de milliers de citoyens de venir voter", a-t-il écrit. "Ils n'ont pas renoncé à leur détermination à suivre le chemin de la démocratie et du suffrage universel", a ajouté le professeur.

Apple Daily est la propriété de Jimmy Lai, un des rares richissimes hommes d'affaires hongkongais à soutenir ouvertement le mouvement pro-démocratie. Il fait également l'objet de poursuites pour avoir notamment pris part aux manifestations pro-démocratie.

Au cours de la dernière décennie, Hong Kong a connu différentes vagues de manifestations. Mais l'an passé, le mouvement, a pris de l'ampleur durant sept mois consécutifs de manifestations monstres, tournant souvent en affrontements violents.

Afin de mettre définitivement fin à ce mouvement de contestation, Pékin a adopté fin juin une loi sur la sécurité nationale à Hong Kong, contournant ainsi les prérogatives du Parlement local. Ce texte vise à réprimer la subversion, la sécession, le terrorisme et la collusion avec les forces étrangères. Ces faits sont passibles de la prison à perpétuité.

Pour l'opposition pro-démocratie et plusieurs pays occidentaux, ce texte menace l'autonomie législative et judiciaire ainsi que les libertés dont sont censés jouir les habitants du territoire jusqu'en 2047 en vertu du principe "Un pays, deux systèmes.

La Chine a qualifié lundi soir les primaires organisées à Hong Kong par les partis du camp pro-démocratie de "grave provocation" et avertit que certaines promesses de campagne pourraient avoir enfreint la nouvelle loi draconienne sur la sécurité nationale imposée au territoire.
Cette mise en garde du Bureau de liaison, l'organe du pouvoir central chinois dans le territoire semi-autonome, accroît les risques de poursuites judiciaires contre les partis d'opposition et certaines figures du mouvement pro-démocratie.Plus de 600.000 Hongkongais ont pris part ce week-end à ce scrutin non officiel en dépit des avertissements lancés par les autorités sur le fait qu'il pourrait enfreindre la nouvelle loi imposée par Pékin.  Cette élection était organisée par le camp pro-démocratie pour désigner les candidats qui se...