Pandémie

L'ONU appelée à voter sur une résolution exhortant à une cessation d'hostilités

L'ONU appelée à voter sur une résolution exhortant à une cessation d'hostilités

Réunion du Conseil de sécurité de l'ONU à New York. Photo d'archives AFP

Après plus de trois mois de négociations infructueuses, la France et la Tunisie ont demandé mardi à leurs partenaires du Conseil de sécurité de l'ONU de voter sur une résolution appelant à une cessation des hostilités pour faciliter la lutte contre la pandémie, a-t-on appris de sources diplomatiques. Le résultat du vote, qui se fait par écrit en raison du travail virtuel observé à l'ONU à cause du virus, est attendu mercredi.

Bloqué pendant des mois par la Chine et les Etats-Unis, opposés sur la place à accorder dans le texte à l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), le projet de résolution vise à soutenir un appel similaire du secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, datant du 23 mars. Obtenu par l'AFP, le nouveau texte ne contient plus de paragraphe faisant allusion à l'OMS.

Le nouveau projet est comme le précédent focalisé sur la demande "d'une cessation des hostilités immédiate et générale" dans tous les conflits à l'agenda du Conseil de sécurité, à l'exception des combats contre les groupes jihadistes. Il réclame "une pause humanitaire pour au moins 90 jours consécutifs" pour faciliter l'assistance internationale aux populations. Fait nouveau, il contient dans le préambule de la résolution un rappel d'une résolution adoptée le 2 avril par l'Assemblée générale de l'ONU sur la nécessité d'une solidarité mondiale pour combattre le virus.

"Honte"

L'espoir au Conseil de sécurité, selon des diplomates, est que ce rappel suffise à satisfaire et la Chine, qui voulait une référence à l'OMS, et les Etats-Unis qui n'en voulaient pas, reprochant à l'agence onusienne une mauvaise gestion de la crise. Le deuxième paragraphe de la résolution de l'Assemblée engage les 193 membres de l'ONU "à apporter tout l'appui et toute la coopération nécessaires à l'Organisation mondiale de la Santé". S'il est adopté, le nouveau projet de résolution serait le premier texte consacré au virus approuvé par le Conseil de sécurité et sa première réelle prise de position officielle depuis le déclenchement de la pandémie. Sa paralysie depuis plus de trois mois a été souvent dénoncée et a largement entamé sa crédibilité, certains des membres du Conseil allant jusqu'à avouer leur "honte".

Lors des négociations, Etats-Unis et Chine, les deux plus gros contributeurs financiers à l'ONU, avaient tous deux menacé d'utiliser leur droit de veto. Le 8 mai, Washington avait bloqué une mise au vote du texte après avoir pourtant donné un accord de principe à ses partenaires. Reste à savoir si un appel du Conseil de sécurité à cesser les hostilités peut encore avoir un impact.

Jeudi, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, s'est félicité que sa requête soit soutenue par près de 180 pays et plus de 20 groupes armés. Il avait aussi reconnu qu'elle n'avait pas été suivie de concrétisation.


Après plus de trois mois de négociations infructueuses, la France et la Tunisie ont demandé mardi à leurs partenaires du Conseil de sécurité de l'ONU de voter sur une résolution appelant à une cessation des hostilités pour faciliter la lutte contre la pandémie, a-t-on appris de sources diplomatiques. Le résultat du vote, qui se fait par écrit...