Des combattants du Conseil de transition du Sud au Yémen, le 11 mai 2020. AFP / Nabil HASAN
La coalition militaire menée par Riyad au Yémen a déployé mercredi des observateurs saoudiens pour surveiller le cessez-le-feu entre les forces progouvernementales, qu'elle soutient, et les combattants séparatistes après des accrochages dans le Sud, ont indiqué des responsables militaires de ces deux camps.
Des officiers saoudiens sont arrivés mercredi à Chagra et Cheikh Salem, deux points de friction situés dans la province d'Abyane, dans le sud du Yémen, pour surveiller la trêve, ont précisé ces sources qui s'expriment sous le couvert de l'anonymat. Ces deux localités ont connu tout au long de la journée de mardi et jusque tard dans la nuit des accrochages entre les deux camps, ont précisé ces sources.
"Nos forces à Abyane ont subi quelques heures après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu une violente attaque des forces de l'invasion", a déclaré à l'AFP Nazar Haitham, porte-parole du Conseil de transition du sud (STC - séparatistes), nommant ainsi les forces progouvernementales. "C'est un acte irresponsable du gouvernement qui se dit tenu par le cessez-le-feu mais ne le respecte pas sur le terrain", a-t-il accusé. Le gouvernement yéménite n'a lui fait aucune déclaration pour confirmer ou démentir la tenue d'affrontements mardi.
Le déploiement d'observateurs intervient après la prise samedi par les séparatistes de l'île stratégique yéménite de Socotra, au large d'Aden (Sud). Lundi, la coalition, qui soutient les forces fidèles au gouvernement, a annoncé un cessez-le-feu entre ces dernières et les séparatistes ayant proclamé l'autonomie du Sud fin avril après plusieurs victoires militaires.
Les deux parties belligérantes vont tenir de nouvelles discussions en Arabie saoudite pour discuter de la trêve, a annoncé lundi le porte-parole de la coalition, le colonel saoudien Turki al-Maliki. Selon lui, ce cessez-le-feu doit permettre de faire progresser l'application d'un accord de partage du pouvoir dans le Sud, conclu à Ryad en novembre 2019 entre les deux parties, mais qui a rapidement été caduc. Depuis 2015, la coalition intervient aux côtés du gouvernement yéménite dans la guerre contre les rebelles houthis soutenus par l'Iran, rival régional de l'Arabie saoudite. Les rebelles contrôlent une bonne partie du nord du Yémen, dont la capitale Sanaa. Le STC et le gouvernement sont en principe alliés contre eux au sein de la coalition militaire, mais sur le terrain, des dissensions demeurent dans le Sud.
Cette guerre dans la guerre a rendu encore plus complexe un conflit qui, en cinq ans, a fait des dizaines de milliers de morts et provoqué, selon l'ONU, la pire crise humanitaire en cours dans le monde au Yémen, pays le plus pauvre de la péninsule Arabique.


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