Des touristes devant le Colisée, à Rome, le 22 juin 2020. AFP / Vincenzo PINTO
Des autorités médicales italiennes tirent la sonnette d'alarme sur les dangers d'une seconde vague du coronavirus en Italie, face au relâchement général de la population qui ne semble plus avoir peur de la contagion.
"Nous ne pouvons pas exclure une nouvelle vague à l'automne", a prévenu Massimo Galli, spécialiste des maladies infectieuses de l'hôpital Sacco de Milan, interrogé par la Repubblica. Pour lui, il est encore "trop tôt" pour laisser les masques chirurgicaux à la maison. Apéritifs festifs rapprochés, plages bondées, restaurants peu regardants sur les normes obligatoires de distanciation des clients, l'atmosphère anxiogène du confinement semble effectivement avoir été oubliée par une partie de la population.
La vente de masques – introuvables au début du confinement – est désormais en chute en Italie, selon la Fédération des pharmaciens. L'obligation du port de masques en plein air, en vigueur dans quelques régions comme la Lombardie (nord), devrait disparaître à la fin du mois, une décision jugée "prématurée" par Massimo Galli.
La Lombardie, épicentre de l'épidémie dans le pays, a affiché encore 143 nouveaux cas lundi en vingt-quatre heures. A ce jour, le virus a fait 34.657 morts dans toute la pénisule, et les chiffres des contaminations quotidiennes restent stables.
En fin de semaine dernière cependant, les autorités sanitaires ont appelé à la "prudence", après avoir observé des "signaux d'alerte liés à la transmission" du Covid-19, avec notamment deux foyers à Rome, soulignant que "la circulation du virus est encore importante". "Restons prudents jusqu'à l'arrivée d'un vaccin", plaide pour sa part Franco Locatelli, un médecin qui préside le Conseil supérieur de la santé et conseille le gouvernement, dans le journal Corriere della Sera. "L'Italie a fait un effort énorme et a obtenu des résultats extraordinaires", constate-t-il. "Mais ne les rendons pas vains avec des comportements peu responsables, comme la movida" car "nous devons honorer la mémoire des 34.000 victimes", a-t-il insisté. La situation alarmante en dehors de l'Europe doit être présente dans les esprits, note-t-il. "Les gens bougent d'un continent à l'autre et il est impossible de contrôler tout le monde", prévient Franco Locatelli.
Les Italiens ont été finalement peu nombreux à télécharger l'application nationale de traçage des cas positifs sur leurs téléphones portables (seulement 3,5 millions par rapport aux 23 millions d'utilisateurs attendus). Une enquête sérologique sur un échantillon représentatif de 150.000 Italiens a pour l'instant essuyé un échec: seulement un tiers des personnes contactées ont accepté à ce stade de participer.


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