Des policiers enquêtant sur les lieux de l'attentat terroriste qui a ciblé la ville de Nice, dans le Sud de la France, le 14 juillet 2016. Photo d'archives AFP / ANNE-CHRISTINE POUJOULAT
Le parquet antiterroriste français a demandé le renvoi de neuf personnes devant la cour d'assises spéciale de Paris, compétente en matière de terrorisme, en lien avec l'attentat qui a endeuillé Nice (Sud-Est), le 14 juillet 2016, le soir de la fête nationale.
Au volant d'un camion de location, un Tunisien de 31 ans, a fauché, ce soir là, 86 vies - enfants, familles nombreuses et touristes étrangers - en 4 minutes sur la promenade des Anglais avant d'être tué par les forces de l'ordre.
Le parquet national antiterroriste (Pnat) a annoncé mardi dans un communiqué avoir demandé le procès de neuf suspects. L'enjeu sera de savoir s'ils avaient connaissance du projet de Lahouaiej-Bouhlel. Ils le contestent tous et l'enquête n'a pas apporté de preuve formelle du contraire. Pour les trois principaux suspects, Mohamed G., Ramzi A. et Chokri C., le Pnat préconise qu'ils soient jugés, avec un quatrième, Hamdi Z., pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle".
Les magistrats instructeurs ont rassemblé des éléments établissant que les trois premiers étaient soit montés dans le camion de location, soit avaient été informés des projets de location, soit étaient concernés par un SMS et un message vocal de Lahouaiej-Bouhlel le soir de l'attaque, évoquant une fourniture d'armes. Le Pnat demande le renvoi devant la cour d'assises spéciale de cinq autres suspects, Artan H., Enkeledja Z., Maksim C., Brahim T. et Endri E. pour la fourniture de l'arme à Mohamed Lahaoueij-Bouhlel. Il considère que quatre d'entre eux "n'avaient pas connaissance de la destination de l'arme qu'il leur est reproché d'avoir fourni" et que les faits doivent être requalifiés en droit commun les concernant.
Quatre suspects sont actuellement sous contrôle judiciaire, quatre autres sont en détention provisoire, tandis qu'un neuvième, Endri E., fait l'objet d'un mandat d'arrêt. Un dixième mis en cause s'est suicidé en prison. Les éléments de l'enquête dont l'AFP a eu connaissance étayent le caractère prémédité de l'attaque, mais son mobile reste incertain.
L'auteur avait certes manifesté des signes récents de religiosité voire d'attrait pour l'islamisme radical. Mais Lahouaiej-Bouhlel était inconnu des renseignements et les enquêteurs n'ont pas trouvé d'acte d'allégeance à l'organisation jihadiste Etat islamique ni de preuve d'une quelconque implication du groupe.
"Le Pnat n'arrive pas à prendre ses responsabilités quand un non-lieu s'impose", ont déploré les avocats de Mohamed G., William Bourdon et Vincent Brengarth, alors que l'enquête "a démontré de façon certaine l'absence totale de connaissance par notre client des intentions de Lahouaiej-Bouhlel". "C'est une étape dans un dossier complexe mais c'est une étape cruciale. (...) Nous espérons un procès en 2021", a réagi Eric Morain, avocat de la Fenvac, la principale association de victimes.


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