Libye

Le président Saied réaffirme la neutralité de la Tunisie

Le candidat à la présidence tunisienne Kais Saied, lors d'une conférence de presse à Tunis le 17 septembre 2019. AFP / ANIS MILI

Le président tunisien Kais Saied a réaffirmé vendredi dans une communication téléphonique avec son homologue français Emmanuel Macron la neutralité de la Tunisie dans la crise libyenne et son refus de toute ingérence étrangère dans ce pays en guerre, selon la présidence tunisienne. La présidence française a pour sa part indiqué que les deux chefs d'Etat sont convenus de "renforcer leur coopération sur les crises régionales, notamment en Libye", lors de leur entretien téléphonique. Selon un communiqué de la présidence tunisienne, les deux présidents ont notamment abordé la situation en Libye, en proie au chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011.

Dans ce pays, les forces du Gouvernement d'union nationale (GNA), reconnu par l'ONU et soutenu par la Turquie, ont annoncé vendredi avoir pris le contrôle de l'ensemble de l'ouest de la Libye, infligeant une défaite cinglante aux troupes rivales du maréchal Khalifa Haftar appuyées notamment par les Emirats arabes unis et la Russie. "La Tunisie qui tient à sa souveraineté, ainsi qu'à la souveraineté de la Libye, ne sera une base arrière pour aucune partie", a souligné M. Saied à son homologue français, selon le communiqué de la présidence tunisienne.

L'Elysée a indiqué dans un communiqué que les deux présidents avaient également évoqué la pandémie du Covid-19 et ses conséquences. Ils ont "souligné l'ancienneté et la force des liens qui unissent la France et la Tunisie" et sont "convenus de poursuivre le renforcement de la relation d'amitié et de confiance entre les deux pays dans tous les domaines", affirme la présidence française.

La déclaration de la présidence tunisienne intervient au lendemain d'une séance houleuse au Parlement au sujet des prises de position sur la Libye de son président Rached Ghannouchi, également chef du mouvement d'inspiration islamiste Ennahdha, accusé d'avoir mené une diplomatie "parallèle" alignée sur la Turquie.

La polémique a éclaté en Tunisie après une conversation téléphonique fin mai, révélée par des dirigeants libyens, dans laquelle M. Ghannouchi a félicité le chef du GNA Fayez al-Sarraj, pour la conquête d'une base détenue par les forces du maréchal Haftar. "Je vais réexaminer mes positions" et "identifier les lacunes pour les corriger", a déclaré M. Ghannouchi à la fin de cette séance plénière, assurant qu'il n'y avait "pas de place pour la concurrence ni le conflit" au sein de la diplomatie tunisienne. En Tunisie, la politique étrangère est une prérogative du chef de l'Etat.

Des centaines de Tunisiens ont manifesté mercredi devant le Parlement, réclamant le départ de M. Ghannouchi.


Le président tunisien Kais Saied a réaffirmé vendredi dans une communication téléphonique avec son homologue français Emmanuel Macron la neutralité de la Tunisie dans la crise libyenne et son refus de toute ingérence étrangère dans ce pays en guerre, selon la présidence tunisienne. La présidence française a pour sa part indiqué que les deux chefs d'Etat sont convenus de...