Le président libanais, Michel Aoun (g), s'entretenant au palais de Baabda avec le gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, le 23 avril 2020. Photo Twitter/@LBpresidency
Le président libanais, Michel Aoun, a reçu jeudi matin au palais de Baabda le gouverneur de la Banque du Liban (BDL), Riad Salamé, qui l'a informé de la situation monétaire du pays et les mesures mises en place par la banque centrale, alors que la livre libanaise ne cesse de se dévaluer face au dollars américain, sur fond de crise économique et financière.
Selon le compte Twitter de la présidence, "le président Aoun a été informé par le gouverneur de la BDL de la situation monétaire du pays et des mesures mises en place par la banque centrale pour y remédier", sans plus d'information.
Le Liban travers sa pire crise économique et financière en trente ans, exacerbée par les mesures de confinement imposées depuis la mi-mars pour lutter contre la propagation du coronavirus. Cette crise a débouché sur une révolte populaire le 17 octobre dernier.
Cette crise a entraîné une forte dépréciation de la livre libanaise chez les changeurs, où elle a atteint 3 350 livres hier (soit 122 % de baisse de valeur chez la plupart des changeurs), alors que la parité officielle, toujours appliquée pour la majorité des opérations par la BDL et les banques, tourne autour de 1 507,5 livres.
Si l’exécutif n’est pas encore réellement intervenu sur ce dossier, la BDL a elle pris l’initiative d’adopter plusieurs textes depuis le début du mois, qui modifient la réglementation bancaire en instaurant, sans l’affirmer, un nouveau régime de change pour certains types d’opérations. Deux de ces circulaires (n° 148 et 151), dont celle adoptée mardi, ouvrent la possibilité aux déposants titulaires de comptes en dollars d’en retirer tout ou partie (en fonction des montants qu’ils possèdent) en livres libanaises et à un taux proche du marché qui sera fixé par une unité instituée par un troisième texte (n°149).
Ces différentes initiatives ont fini par faire réagir le Premier ministre, Hassane Diab, qui a dénoncé hier le manque de coopération de la Banque du Liban dans l’adoption des dernières mesures mises en place.


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