L'ancien vice-Premier ministre turc, Ali Babacan, lors de l'édition 2015 du Forum de Davos, en Suisse, le 23 janvier 2015. Photo d'archives REUTERS/Ruben Sprich
Un ancien ministre de l'Economie et chef de la diplomatie du président turc a officiellement lancé mercredi son parti politique, avec l'espoir de rallier les partisans déçus de Recep Tayyip Erdogan qui règne sans partage sur la Turquie depuis 2003.
Ali Babacan, 52 ans, a présenté son Parti de la démocratie et du progrès (Deva) lors d'une cérémonie à Ankara. En turc, "deva" signifie "remède". Lors de son discours, M. Babacan a notamment plaidé pour une nouvelle Constitution renforçant la séparation des pouvoirs, affaiblie depuis le passage en 2018 à un système présidentiel. Il a aussi appelé à entreprendre des réformes économiques et élargir les libertés. "L'heure de la démocratie est venue, l'heure du progrès est venue", a-t-il lancé. "Nous sommes contre les discours polarisateurs teintés de menaces", a-t-il ajouté, dans une attaque voilée contre M. Erdogan auquel ses opposants reprochent son style brutal.
Figure respectée des marchés en raison de la stabilité de l'économie en Turquie lorsqu'il était ministre de l'Economie (2002-2007), M. Babacan est devenu ensuite ministre des Affaires étrangères puis vice-Premier ministre. Membre fondateur de l'AKP, le parti islamo-conservateur dirigé par M. Erdogan, M. Babacan en a démissionné l'an dernier en raison de "profondes divergences" avec la direction du parti et en évoquant le besoin d'"une vision neuve" pour la Turquie.
M. Babacan est plus connu pour son profil technocratique et son ton mesuré que pour son charisme et ses qualités oratoires. Mais son expertise sur les questions économiques pourrait attirer certains électeurs déçus de l'AKP, alors que la Turquie traverse une période difficile, avec notamment une devise instable ainsi qu'une inflation et un chômage élevés.
Les observateurs se demandaient si le prédécesseur de M. Erdogan à la présidence, Abdullah Gül, s'associerait à M. Babacan, mais il ne figurait pas dans la liste des membres fondateurs du parti dévoilée mercredi.
Le lancement du parti Deva risque de fissurer un peu plus la mouvance islamo-conservatrice en Turquie.
En décembre, un ancien Premier ministre de M. Erdogan, Ahmet Davutoglu, avait lancé sa propre formation, le Parti de l'avenir.
Ali Babacan, 52 ans, a présenté son Parti de la démocratie et du progrès (Deva) lors d'une cérémonie à Ankara. En turc, "deva" signifie "remède". Lors de son discours, M. Babacan a notamment plaidé pour une nouvelle Constitution renforçant la séparation des pouvoirs, affaiblie depuis le passage en 2018 à un système présidentiel. Il a aussi appelé à entreprendre des réformes économiques et élargir les libertés. "L'heure de la démocratie est venue, l'heure du progrès est venue", a-t-il lancé. "Nous sommes contre les discours polarisateurs teintés de menaces", a-t-il...


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