Des personnes manifestant, le 6 mars 2020 devant le ministère de l'Environnement à Beyrouth, contre la construction du siège du CPL sur le site historique de Nahr el-Kalb. Photo envoyée par Suzanne Baaklini
Une poignée de manifestants a tenu un sit-in vendredi devant le siège du ministère de l'Environnement à Beyrouth pour protester contre la construction du nouveau siège du Courant patriotique libre (fondé par le chef de l'Etat, Michel Aoun) près du site archéologique de Nahr el-Kalb, dans le Kesrouan.
La Campagne nationale pour sauver le site archéologique de Nahr el-Kalb, qui a organisé le rassemblement, a adressé une lettre publique au ministre de l'Environnement et du développement administratif Damien Kattar, l'appelant à mettre fin aux travaux qu'elle qualifie de "crime environnemental au Liban qui contrevient aux lois et législations". Certains manifestants portaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : "Non à la construction du siège des partis sur les terrains publics" ou encore "Le patrimoine de nos aïeuls est le trésor de nos petits-enfants", selon notre journaliste sur place Suzanne Baaklini.
Le directeur général du ministère de l'Environnement Berge Hatjian a répondu aux manifestants, expliquant qu'"il n'y a pas eu d'étude d'impact environnemental de la part du ministère, mais un examen environnemental élémentaire sur la base duquel le permis a été accordé".
"Il y a deux aspects à la question : le premier est lié au patrimoine culturel et relève du ministère de la Culture qui le suivra, le deuxième au patrimoine environnemental, que suivra le ministère de l'Environnement", a-t-il ajouté. "La demande de mettre fin aux travaux fera l'objet d'une discussion entre le ministre de l'Environnement Damien Kattar et les administrations concernées, afin de prendre une position définitive, après étude du dossier et une inspection du site", a conclu M.Hatjian.
Le site de Nahr el-Kalb est caractérisé par la présence de 22 stèles, reliefs et inscriptions commémoratives datant du IIe millénaire avant J.C. jusqu’au IIe millénaire de notre ère (XXe siècle). Le CPL a assuré à plusieurs reprises avoir obtenu toutes les autorisations requises pour la construction de son nouveau quartier général sur les hauteurs de ce site, qui avait été considéré comme "non-constructible" en 2003 par la Direction générale des antiquités (DGA) et inscrit sur la liste nationale des monuments historiques, ainsi que dans le registre de la Mémoire du monde de l’Unesco.
En 2003, une réhabilitation des lieux, financée par la Fondation nationale du patrimoine, avait été menée. Les travaux exécutés comprenaient le nettoyage des stèles, l’aménagement des sentiers, la clôture d’une partie du site et l’installation des panneaux signalétiques explicatifs.


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