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Irak: l'ayatollah Sistani exhorte les forces de l'ordre à protéger les manifestants

Photo REUTERS/Alaa al-Marjani

Le grand ayatollah Ali Sistani, figure tutélaire de la politique irakienne, a condamné vendredi les attaques des partisans du leader chiite Moqtada Sadr contre des manifestants antipouvoir, exhortant les forces de l'ordre à protéger les contestataires.

La Commission gouvernementale des droits humains a indiqué dans le même temps qu'au moins 543 Irakiens avaient été tués depuis le début le 1er octobre de la révolte populaire inédite qui a été réprimée, émaillée de violences et cible d'une campagne d'assassinats et d'enlèvements.

Huit manifestants antipouvoir ont encore été tués cette semaine lors d'affrontements avec les sadrites, leurs anciens alliés.

Après avoir réclamé la chute du pouvoir, les sadristes soutiennent désormais le Premier ministre désigné Mohammed Allawi, issu du même système que la rue veut mettre à bas.

Le manifestant tué à al-Hilla et les sept autres à Najaf, ville sainte chiite où siège le grand ayatollah Sistani, sont des événements "regrettables et douloureux dans lesquels le sang précieux a été versé injustement", a-t-il estimé dans un sermon lu par son représentant à Kerbala, l'autre ville sainte chiite d'Irak.

Les forces de sécurité, a-t-il ajouté, sont "indispensables" pour empêcher le pays de "tomber dans le chaos" et "rien ne justifie qu'elles cessent de faire leur devoir", a-t-il poursuivi.

Il faisait référence au récent appel de Moqtada Sadr à ses partisans --surnommés les "casquettes bleues"-- afin qu'ils fassent rouvrir écoles et administrations fermées par la désobéissance civile, se substituant de fait aux forces de l'ordre.

Le grand ayatollah Sistani a déjà dénoncé la répression des forces de l'ordre. Mais aujourd'hui, les manifestants qui se disent sous la menace d'un nouvel ennemi accusent les forces de sécurité de ne pas les protéger.

Sur la place Tahrir de Bagdad, épicentre de la "révolution d'octobre", Ali, un manifestant, a dit apprécier le soutien du dignitaire chiite de 89 ans.

"J'ai écouté le sermon et il a été clair: il n'accepte que les forces régulières, pas les casquettes bleues ou autres" groupes, confie-t-il à l'AFP.

A Diwaniya, dans le Sud également en révolte, Mohammed Boulani, estime que le grand ayatollah Sistani est désormais "le seul" qui soutient les revendications des manifestants.

"Il ne faut absolument pas qu'on perde ce soutien parce que tous les autres essayent d'en finir avec nous", assure encore ce protestataire de 26 ans. Les manifestants sont aujourd'hui, dit-il, à la merci "des partis politiques, des milices et des groupes armés illégaux" en Irak.

Depuis le 1er octobre, l'Etat irakien assure ne pas pouvoir identifier les assaillants qui ont tué, enlevé, intimidé des centaines de manifestants, alors que l'ONU pointe du doigt des "milices" dans un pays où les factions armées pro-Iran n'ont cessé de gagner en influence.

La Commission gouvernementale des droits humains, appartenant à l'Etat tout en étant l'une des voix les plus critiques de la gestion gouvernementale de la crise depuis son déclenchement, a affirmé vendredi que 543 personnes avaient été tuées, dont 276 à Bagdad depuis le 1er octobre.

Quasiment toutes sont des manifestants. Dix-sept membres des forces de sécurité ont également été tués.

En outre, environ 30.000 personnes ont été blessées, selon des sources médicales.

Le grand ayatollah Ali Sistani, figure tutélaire de la politique irakienne, a condamné vendredi les attaques des partisans du leader chiite Moqtada Sadr contre des manifestants antipouvoir, exhortant les forces de l'ordre à protéger les contestataires. La Commission gouvernementale des droits humains a indiqué dans le même temps qu'au moins 543 Irakiens avaient été tués depuis le début le 1er octobre de la révolte populaire inédite qui a été réprimée, émaillée de violences et cible d'une campagne d'assassinats et d'enlèvements. Huit manifestants antipouvoir ont encore été tués cette semaine lors d'affrontements avec les sadrites, leurs anciens alliés. Après avoir réclamé la chute du pouvoir, les sadristes soutiennent désormais le Premier ministre désigné Mohammed Allawi, issu du même système que...