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Najaf enterre ses morts, les manifestants irakiens se disent déterminés

Des partisans de Moqtada Sadr, armés de bâtons, s'en prenant à des manifestants antipouvoir à Najaf, le 5 février 2020. AFP / Haidar HAMDANI

Les manifestants antipouvoir enterrent jeudi les sept d'entre eux tués dans la nuit lors d'affrontements avec les partisans du leader chiite Moqtada Sadr à Najaf, dans le sud de l'Irak, se disant déterminés à poursuivre leur mouvement de contestation né en octobre.

A Najaf, l'un des lieux les plus saints du chiisme, le campement des manifestants antipouvoir attaqués la veille est désormais occupé par des sadristes, installés au milieu des décombres des tentes brûlées dans la nuit, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Il y a quelques jours, le très versatile Sadr, dont les partisans défilaient depuis début octobre avec les autres protestataires, a fait volte-face. Il a fracturé la révolte populaire en apportant son soutien au Premier ministre désigné Mohammed Allawi, qui ne prendra ses fonctions qu'une fois que son cabinet aura obtenu la confiance du Parlement sous moins d'un mois.

Depuis, les deux camps en étaient venus aux mains dans diverses villes et un manifestant a été tué à coup de couteaux lundi à al-Hilla, au sud de Bagdad.

Cette nuit, à Najaf, les sept manifestants tués ont été mortellement touchés par balles, à la tête et au torse selon des sources médicales, provoquant une volée de protestation à travers le pays.

Les "casquettes bleues", les partisans de Moqtada Sadr qui ont adopté ce couvre-chef comme signe de ralliement, mais aussi les forces de l'ordre étaient accusées. Les premiers de violence, les seconds de ne pas les faire cesser.

Dans la nuit, des centaines de manifestants ont défilé, en soutien à leurs camarades de Najaf, à Diwaniya et Nassiriya, deux autres villes à la pointe de la contestation dans le Sud, ont rapporté des correspondants de l'AFP.

Sur la place Tahrir de Bagdad, jeudi, les manifestants qui rejettent M. Allawi parce qu'il a été deux fois ministre d'un système qu'ils veulent mettre à bas, se disent déterminés à rester après plus de quatre mois d'un mouvement émaillé par les violences.

Depuis le 1er octobre, près de 490 personnes ont été tuées et 30.000 blessées dans les violences liées à la contestation, en majorité des manifestants, selon un bilan compilé par l'AFP à partir de sources de sécurité et médicales.

"On a fini par s'habituer", assure à l'AFP Tayba, lycéenne à Bagdad, drapeau irakien noué sur les épaules. "On est même plus déterminés. Avant, les étudiants ne faisaient plus qu'une manifestation par semaine, maintenant, il y en a trois", poursuit-elle.

M. Allawi a promis à des groupes de représentants des manifestants qu'il a rencontrés de "proposer un ou deux ministres issus de la contestation" qui dénonce la corruption et le népotisme en Irak, 16e pays le plus corrompu au monde selon Transparency International.

Mais tant que son gouvernement n'a pas obtenu la confiance du Parlement, M. Allawi n'est autorisé à prendre aucune décision et c'est le gouvernement démissionnaire d'Adel Abdel Mahdi qui est toujours en charge des affaires courantes.

Les manifestants antipouvoir enterrent jeudi les sept d'entre eux tués dans la nuit lors d'affrontements avec les partisans du leader chiite Moqtada Sadr à Najaf, dans le sud de l'Irak, se disant déterminés à poursuivre leur mouvement de contestation né en octobre. A Najaf, l'un des lieux les plus saints du chiisme, le campement des manifestants antipouvoir attaqués la veille est désormais occupé par des sadristes, installés au milieu des décombres des tentes brûlées dans la nuit, ont constaté des journalistes de l'AFP. Il y a quelques jours, le très versatile Sadr, dont les partisans défilaient depuis début octobre avec les autres protestataires, a fait volte-face. Il a fracturé la révolte populaire en apportant son soutien au Premier ministre désigné Mohammed Allawi, qui ne prendra ses fonctions qu'une...