Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire lors d'une visite mardi 10 décembre 2019 à Moscou. AFP / Dimitar DILKOFF
La France a indiqué mardi vouloir proposer sous six mois des solutions pour contourner certaines sanctions américaines qui entravent les investissements français en Russie, afin de concrétiser le rapprochement économique prôné par le président Emmanuel Macron.
En visite à Moscou, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a condamné les sanctions extraterritoriales américaines, qui empêchent entre autres les banques françaises ayant des intérêts aux Etats-Unis de financer des projets en Russie ou des projets franco-russes.
"Nous nous donnons six mois pour trouver des solutions acceptables", des "solutions innovantes" et "dans le respect du droit international", a déclaré M. Le Maire dans le cadre d'une rencontre avec son homologue russe Maxime Orechkine. Il a promis de faire le point sur la question avec le ministre russe lors du forum économique de Davos en janvier, et de revenir en Russie dans les prochains six mois. "Nous devons ancrer la Russie en Europe, et la France doit être le pays en Europe qui permet cela", a ajouté M. Le Maire. "Le président Macron a fait le choix stratégique de la Russie, nous voulons que cela se traduise sur le plan économique", a-t-il ajouté, regrettant que pour l'heure "on bute sur chaque projet ambitieux sur la question du financement" à cause des sanctions américaines.
Sans préciser la nature des "solutions" évoquées, le ministre a néanmoins exclu l'utilisation d'un mécanisme de troc tel que l'Instex, imaginé par les Européens pour contourner les sanctions américaines imposées à l'Iran en évitant le dollar. Celui-ci n'a guère donné de résultats.
Bruno Le Maire a également évoqué le cas de l'homme d'affaires français Philippe Delpal, arrêté en février et actuellement en résidence surveillée dans le cadre d'une affaire de fraude. Qualifiant ce cas d"inadmissible", Bruno Le Maire a affirmé que le président Macron avait évoqué la question avec Vladimir Poutine lundi à Paris.
La France est le premier employeur étranger en Russie. Parmi les projets phares dans lesquels la France est impliquée via le groupe Total, il y a les gigantesques usines de GNL de Novatek dans l'Arctique, pour lesquels la question des financements par les banques française est d'envergure.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine