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La CEDH demande à la Turquie la "libération immédiate" du mécène Osman Kavala

Une femme passant devant un écran sur lequel est projetée une image de l'homme d'affaires et philanthrope turc Osman Kavala, lors d'une conférence de presse de ses avocats, le 31 octobre 2018. Photo d'archives AFP / OZAN KOSE

La Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) a exigé mardi d'Ankara la "libération immédiate" de l'homme d'affaires et philanthrope Osman Kavala, incarcéré depuis deux ans et devenu le symbole de la répression orchestrée contre la société civile en Turquie.

"La Cour estime que le gouvernement doit prendre toutes les mesures nécessaires pour mettre un terme à la détention du requérant et faire procéder à sa libération immédiate", a-t-elle déclaré dans un communiqué. "Il est établi au-delà de (tout) doute raisonnable que les mesures" prises à son encontre visaient à "réduire M. Kavala au silence et avec lui tous les défenseurs des droits de l'homme", a jugé la CEDH.

Dans son arrêt, la cour pointe une série de violations de la Convention européenne des droits de l'Homme comme le "droit à la liberté et à la sûreté" ou celui "de faire statuer à bref délai sur la légalité de sa détention". Osman Kavala, rappelle-t-elle, est "un homme d'affaires ayant contribué à la création de nombreuses organisations non gouvernementales qui oeuvrent à la promotion ou à la protection des droits de l'homme". La CEDH rappelle également qu'il avait été "placé en détention provisoire au motif qu'il existait de +forts soupçons+ qu'il ait commis deux infractions : tentative de renversement du Gouvernement et de l'ordre constitutionnel par la force et la violence". Mais elle estime que les autorités turques "ne sont pas en mesure de démontrer que la privation de liberté de l'intéressé était justifiée par des soupçons raisonnables fondés sur une évaluation objective des actes qui lui étaient reprochés". Les juges européens pointent ainsi "l'absence de faits, informations ou preuves démontrant qu'il se livrait à une activité délictuelle".

Le 8 octobre, la justice turque a maintenu Osman Kavala en détention provisoire, renvoyant son procès au 24 décembre, selon le groupe de soutien "Nous défendons Gezi".

Figure des cercles intellectuels en Europe, il est accusé avec 15 autres personnes de "tentative de renversement du gouvernement" pour avoir soutenu un mouvement de contestation antigouvernementale en 2013, connu sous le nom de "mouvement de Gezi". Les 16 accusés risquent la prison à vie dans cette affaire.

Le philanthrope est poursuivi pour avoir financé les gigantesques manifestations de 2013 contre l'actuel président, Recep Tayyip Erdogan, alors Premier ministre. Son arrestation est intervenue après la tentative de putsch de 2016, suivie de purges massives dans la société civile turque.

La Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) a exigé mardi d'Ankara la "libération immédiate" de l'homme d'affaires et philanthrope Osman Kavala, incarcéré depuis deux ans et devenu le symbole de la répression orchestrée contre la société civile en Turquie.
"La Cour estime que le gouvernement doit prendre toutes les mesures nécessaires pour mettre un terme à la détention du requérant et faire procéder à sa libération immédiate", a-t-elle déclaré dans un communiqué. "Il est établi au-delà de (tout) doute raisonnable que les mesures" prises à son encontre visaient à "réduire M. Kavala au silence et avec lui tous les défenseurs des droits de l'homme", a jugé la CEDH.Dans son arrêt, la cour pointe une série de violations de la Convention européenne des droits de l'Homme comme le "droit à la liberté et à...