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UE : Macron déplore une "crise politique", juge "indispensable" une Commission forte"

Le président français, Emmanuel Macron. Photo REUTERS/Charles Platiau/Pool

Le président français Emmanuel Macron a déploré vendredi une "crise politique" qu'il ne faut "pas laisser se développer", après le rejet par les eurodéputés de Sylvie Goulard, sa candidate à la Commission européenne.

"Il est indispensable de sortir des crispations et d'avoir une Commission forte", a déclaré le chef de l'Etat en s'adressant à la presse avant un déjeuner avec le Premier ministre hongrois Viktor Orban.

"Nous vivons un moment de l'Europe extrêmement important et sensible. Il y a une nouvelle Commission, un nouveau Parlement européen qui se mettent en place et qui affrontent tous deux une crise politique que nous ne devons pas laisser s'installer et développer", a-t-il ajouté.

Les députés européens ont infligé jeudi un revers au président français, en recalant pour des raisons éthiques sa candidate à la Commission européenne Sylvie Goulard, sous le coup d'une enquête judiciaire en France.

C'est la première fois qu'un candidat présenté par la France pour un poste de commissaire est retoqué par le Parlement européen.

M. Macron devrait aborder la question de son remplacement au cours d'un entretien téléphonique ce week-end avec la présidente nommée de la nouvelle Commission, l'Allemande Ursula von der Leyen, et du dîner qu'il aura avec la chancelière allemande Angela Merkel dimanche soir, a-t-on indiqué de source diplomatique.

Il recevra en outre lundi à déjeuner le président du Conseil européen Donald Tusk avant le sommet de l'UE à Bruxelles des 17 et 18 octobre, selon l'Elysée.

Le président français sera "très clair" sur le fait que Paris ne "transigera pas sur le portefeuille" dont sera chargé le commissaire français, à savoir celui du Marché intérieur, qui comprend la politique industrielle, le numérique, la défense et le spatial.

L'annonce du nouveau candidat français sera faite à une date qui n'a pas été fixée. La décision des eurodéputés de rejeter trois candidats pourrait retarder l'entrée en fonction de la nouvelle Commission prévue le 1er novembre.

En s'exprimant au côté de Viktor Orban, Emmanuel Macron a souligné que la discussion entre les deux hommes, à l'occasion de la première visite bilatérale du Hongrois à Paris depuis l'élection de 2017, "sera comme toujours franche et utile car l'Europe qui nous réunit et le moment que nous vivons nous l'imposent plus que jamais".

Depuis deux ans, les deux dirigeants se sont fréquemment opposés, parfois avec virulence, le premier se présentant comme le chef de file des progressistes et le second des conservateurs nationalistes au sein de l'UE.

"Nous ne sommes pas d'accord sur tout", a reconnu M. Macron, en indiquant que la discussion allait porter sur l'avenir de l'UE, le Brexit, la politique migratoire, le climat ou les rapports avec les Etats-Unis, la Chine, la Russie et la Turquie.

"Dans une Europe à 27, nous ne devons pas faire vivre des divisions lorsqu'elles sont factices", a estimé le chef de l'Etat, en soulignant qu'il ne pouvait y avoir "une ligne de partage entre une Europe de l'Est et une Europe de l'Ouest".

Sur la politique migratoire, Emmanuel Macron s'est dit "convaincu" que, malgré "les différences connues" entre Paris et Budapest, un accord puisse être trouvé "dans les prochains mois", notamment sur la répartition des migrants.

En réponse, le Premier ministre hongrois a mis en exergue "la vision différente" de son pays, qui a "une tradition civilisationnelle" particulière.

Selon lui, la Hongrie et la France ont des points de vue "très proches" sur les questions de sécurité, la défense des frontière, en ajoutant que les deux pays se battaient "pour une Europe plus forte".

Viktor Orban a par ailleurs affirmé que son pays était "un champion du climat" en étant "dans le premier tiers ayant le moins d'émissions de CO2".

Le président français Emmanuel Macron a déploré vendredi une "crise politique" qu'il ne faut "pas laisser se développer", après le rejet par les eurodéputés de Sylvie Goulard, sa candidate à la Commission européenne. "Il est indispensable de sortir des crispations et d'avoir une Commission forte", a déclaré le chef de l'Etat en s'adressant à la presse avant un déjeuner avec le Premier ministre hongrois Viktor Orban. "Nous vivons un moment de l'Europe extrêmement important et sensible. Il y a une nouvelle Commission, un nouveau Parlement européen qui se mettent en place et qui affrontent tous deux une crise politique que nous ne devons pas laisser s'installer et développer", a-t-il ajouté. Les députés européens ont infligé jeudi un revers au président français, en recalant pour des raisons éthiques sa...