Le diplomate américain Zalmay Khalilzad à Washington, en avril 2016. Photo d'archives AFP / Brendan Smialowski
Le diplomate américain Zalmay Khalilzad et le co-fondateur des talibans Abdul Ghani Baradar, principaux artisans des négociations sur l'Afghanistan interrompues début septembre, sont attendus tous deux au Pakistan mercredi, sans que l'on sache pour l'instant s'ils se rencontreront.
M. Khalilzad "est à Islamabad cette semaine pour participer à des consultations avec ses homologues pakistanais", qui "font suite à des discussions" lors de l'assemblée générale de l'ONU la semaine dernière à New York, a déclaré à l'AFP un porte-parole de l'ambassade américaine au Pakistan.
Mais "ces rencontres ne représentent pas un redémarrage du processus de paix afghan", a insisté une porte-parole du département d'Etat américain à Washington.
Le porte-parole des talibans Zabihullah Mujahid a de son côté tweeté que le mollah Baradar "arrivera au Pakistan le 2 octobre" (mercredi) dans le cadre d'une "visite formelle" pour avoir "des discussions avec des responsables sur diverses questions clé".
"Cette visite était déjà prévue et il s'agit d'une coïncidence que Zalmay Khalilzad se rende aussi à Islamabad", a précisé mercredi à l'AFP un autre porte-parole taliban, Suhail Shaheen. "S'ils (les Américains, NDLR) veulent une rencontre, nous sommes prêts à les rencontrer".
Le président Donald Trump avait brutalement mis fin aux discussions bilatérales le 7 septembre, alors qu'un accord semblait imminent. Il avait justifié sa décision par la mort d'un soldat américain dans un attentat à Kaboul.
"Reprendre le processus"
Il avait par la même occasion annulé un sommet secret avec les talibans prévu selon lui le lendemain à Camp David, la prestigieuse résidence de campagne des présidents américains.
Pendant les négociations, Zalmay Khalilzad n'a dévoilé que peu de détails sur "l'accord de principe" qu'il affirmait avoir conclu avec les talibans. Il devait permettre un retrait progressif des soldats américains en Afghanistan, en échange de garanties de sécurité, d'une "réduction de la violence" et de l'ouverture de négociations directes entre les talibans et le gouvernement de Kaboul.
"Il vaut mieux signer un accord, et ensuite nous aurons un cessez-le-feu avec les Américains, et ensuite les discussions inter-Afghans démarreront immédiatement", a encore déclaré le porte-parole taliban Suhail Shaheen.
Mi-septembre, les talibans s'étaient dits prêts à reprendre les pourparlers.
"Le président (Trump) a clairement indiqué qu'il ne négocierait pas un accord de paix tant que les talibans poursuivront ces attaques", avait pour sa part indiqué la Maison Blanche.
Des médias pakistanais ont rapporté que le chef des forces de l'Otan en Afganistan, le général Scott Miller, était également présent à Islamabad, ce que son porte-parole a refusé de confirmer.
L'échec des pourparlers sur l'Afghanistan constitue un revers majeur pour le Pakistan, qui espérait que ses efforts pour amener les talibans à négocier seraient récompensés alors qu'Islamabad se heurte de nouveau à l'Inde sur le Cachemire.
La visite des talibans permettra "de discuter des possibilités de reprendre le processus (...) en suspens", a commenté le ministère pakistanais des Affaires étrangères.
L'Afghanistan attend les résultats de l'élection présidentielle de samedi, qui devrait se jouer entre le président sortant Ashraf Ghani et le chef de l'exécutif Abdullah Abdullah.
Chacun d'eux espère l'emporter muni d'un mandat solide pour pouvoir peser dans de futures négociations avec les talibans. Ces derniers ont toujours refusé de parler avec M. Ghani, qu'ils considèrent comme une "marionnette" de Washington.
Kaboul a jusqu'ici été tenu à l'écart des pourparlers entre Etats-Unis et les talibans, ce qui suscite la colère des autorités afghanes.
"Aucun progrès n'adviendra si le processus de paix n'est pas mené par le gouvernement afghan", a rappelé mercredi le porte-parole du gouvernement Sediq Sediqqi sur Twitter.


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