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Macron met en garde contre "les grandes peurs" qui "remontent partout"

Le président français, Emmanuel Macron. Photo AFP / FREDERICK FLORIN

Le président français Emmanuel Macron a appelé mardi à renforcer l'Europe et ses valeurs pour contrebalancer "le retour des grandes peurs" qui alimente "la fascination" pour "les régimes autoritaires".

Dans un discours devant l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe à Strasbourg, le chef de l'État a dressé un tableau sombre de l'état du monde sur fond d'"affaiblissement sans précédent du système multilatéral".

"Contestés, nos principes et nos valeurs le sont aussi à l'intérieur (de l'Europe) dans la grande accélération de l'Histoire que nous traversons. Ils sont percutés par la menace terroriste, les transformations numériques, climatiques et démographiques, la crise du capitalisme mondialisé, qui n'a pas su prendre en charge la question des inégalités. Tous ces phénomènes ont des logiques, des dynamiques, parfois profondément différentes, mais ils adviennent ensemble et marquent le retour des grandes peurs que nous voyons partout remonter. Et, avec elles, de l'irrationalisme, de la peur du déclassement, de la peur du monde, de la perte de confiance en ce que nous sommes", a-t-il déclaré.

Face à cela, "deux voies radicalement opposées s'affirment", selon lui. Celle du "repli sur soi" et du recours à l'État fort avec "une fascination croissante de nos populations pour les régimes autoritaires". "Ce serait la une erreur historique, le risque de nous perdre", a-t-il mis en garde.

La seconde voie est celle de "l'illusion", soutenue par ceux qui "voudraient que le monde ne soit pas tel qu'il est".

Emmanuel Macron a appelé à "ne céder à aucune de ces voies", mais à "rendre nos démocraties plus solides en retrouvant ce qui fait de nous des Européens". C'est à dire "non dans l'affaiblissement mais dans la défense des droits" démocratiques.

Il a indiqué compter pour cela sur le Conseil de l'Europe, qui célèbre mardi son 70e anniversaire.

Créée en 1949 et basée à Strasbourg, cette organisation destinée à la défense de la démocratie et de l'État de droit rassemble 47 États membres, ceux de l'Union européenne mais aussi la Russie, l'Ukraine ou la Turquie.

Emmanuel Macron s'est déclaré préoccupé par la situation en Turquie, "où l'État de droit recule" et en Russie, "où la répression des manifestations de cet été suscitent de nombreuses et légitimes interrogations que la France partage".

Le plein retour de la Russie au Conseil de l'Europe après cinq années de crise diplomatique n'est pas "un geste de complaisance" à l'encontre de Moscou, a-t-il par ailleurs souligné. "C'est une décision d'exigence" pour que la Russie "respecte pleinement ses obligations et s'acquitte de ses devoirs à l'égard du Conseil de l'Europe".

Sanctionné en 2014 après l'annexion de la Crimée, Moscou menaçait de quitter le Conseil de l'Europe, ce qui aurait privé les Russes d'accès à la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH).

Sa réintégration dans l'Assemblée parlementaire fin juin, rendue possible par une modification des règles de l'organisation, a déclenché la colère de l'Ukraine, des Pays baltes et de la Pologne.

"Je ne mésestime pas du tout l'émotion, le caractère inacceptable et évidemment la réaction qui s'impose quand un État membre de ce conseil (...) envahit un autre État membre", mais "est-ce que cela (les sanctions, ndlr) a eu un impact sur l'invasion de l'Ukraine par la Russie ? Force est de constater que non", a argumenté Emmanuel Macron. Il a confirmé qu'une réunion des dirigeants russe, ukrainien, allemand et français, dit de "format Normandie", se tiendrait "dans les prochaines semaines" pour avancer vers la paix en Ukraine.

Le président français Emmanuel Macron a appelé mardi à renforcer l'Europe et ses valeurs pour contrebalancer "le retour des grandes peurs" qui alimente "la fascination" pour "les régimes autoritaires". Dans un discours devant l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe à Strasbourg, le chef de l'État a dressé un tableau sombre de l'état du monde sur fond d'"affaiblissement sans précédent du système multilatéral". "Contestés, nos principes et nos valeurs le sont aussi à l'intérieur (de l'Europe) dans la grande accélération de l'Histoire que nous traversons. Ils sont percutés par la menace terroriste, les transformations numériques, climatiques et démographiques, la crise du capitalisme mondialisé, qui n'a pas su prendre en charge la question des inégalités. Tous ces phénomènes ont des logiques,...