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Les talibans prêts à reprendre les négociations avec les États-Unis

AFP
18/09/2019

Les talibans se sont dits prêts à reprendre les négociations de paix avec les Etats-Unis, dix jours après que le président Trump les eut déclarées "mortes" et au lendemain de deux attentats sanglants en Afghanistan qu'ils ont revendiqués.

"Les portes sont ouvertes pour des négociations", a déclaré leur négociateur en chef, Sher Mohammad Abbas Stanikzai, dans un entretien accordé à la BBC. "Nous espérons que l'autre partie repensera sa décision concernant les négociations", a-t-il ajouté.

Le 7 septembre, Donald Trump avait, à la surprise générale, mis fin aux discussions engagées depuis un an avec les talibans, qui semblaient pourtant sur le point d'aboutir à un accord historique après dix-huit ans de conflit en Afghanistan.

Le président des Etats-Unis avait justifié ce volte-face spectaculaire par la mort d'un soldat américain et de onze autres personnes dans un attentat taliban deux jours avant à Kaboul.

Son administration s'était montrée moins catégorique, le secrétaire d'Etat Mike Pompeo n'excluant pas la reprise des négociations, à condition que les rebelles "changent d'attitude". Mais Mr Trump avait récidivé en jugeant que ces pourparlers étaient "terminés pour de bon".

Mardi, les talibans ont revendiqué deux attentats-suicides, l'un dans la capitale afghane, près d'un centre de recrutement de l'armée, l'autre à proximité d'un meeting électoral du président Ashraf Ghani, à 60 km de Kaboul.

Leur bilan cumulé, 48 morts et 80 blessés, est le plus sanglant depuis la fin des discussions.

Questionné sur cette violence par la BBC, M. Stanikzai a répondu que "les deux parties" devaient y mettre fin, alors que les forces de l'Otan et afghanes mènent chaque jour "des dizaines de bombardements".

"Une fois que l'accord sera signé par les deux parties, alors le cessez-le-feu entrera en activité", a-t-il commenté.

De nombreux observateurs s'attendent à un regain de violence des talibans durant la campagne électorale pour l'élection présidentielle du 28 septembre prochain.

Les insurgés, qui n'accordent aucune légitimité aux autorités afghanes, avaient appelé début août à boycotter le scrutin et à éviter les rassemblements "qui pourraient devenir des cibles potentielles".

"Nous avions déjà prévenu les gens de ne pas participer aux réunions électorales, et s'ils y subissent des pertes c'est sous leur responsabilité", ont-ils justifié mardi dans un communiqué.

"Nous avions deux façons d'en finir avec l'occupation de l'Afghanistan, celle du jihad et des combats, et celle des pourparlers et des négociations", avait déclaré leur porte-parole Zabihullah Mujahid il y a une semaine. "Si Trump veut arrêter les discussions, nous emprunterons le premier chemin et ils le regretteront bientôt."

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