Une Palestinienne entrant dans un bureau de l'Unrwa dans le camp de réfugiés d'al-Far'a, dans le nord de la Cisjordanie, le 3 septembre 2018. Photo d'archives AFP / Jaafar ASHTIYEH
Les Pays-Bas ont décidé de suspendre leur contribution annuelle à l'Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (Unrwa) dans l'attente d'éclaircissements sur des accusations de mauvaise gestion et d'abus d'autorité, a déclaré mercredi le ministère néerlandais des Affaires étrangères.
Cette annonce intervient au lendemain d'une décision similaire de la Suisse, qui a indiqué mardi suspendre toute "contribution additionnelle".
Un rapport interne à l'Unrwa, envoyé au secrétaire général de l'ONU, a fait état de graves abus éthiques qui auraient été commis au plus haut niveau.
Les Pays-Bas, l'un des principaux donateurs européens de l'Agence, "ont exprimé aux Nations unies et à l'Unrwa leur grande préoccupation et ont demandé des éclaircissements", a déclaré à l'AFP le ministère néerlandais des Affaires étrangères.
La ministre du Commerce extérieur et de la Coopération au développement Sigrid Kaag "a décidé de suspendre la contribution de cette année" jusqu'à ce que l'ONU fournisse "une réponse satisfaisante". Mme Kaag souhaite notamment connaître les mesures envisagées par l'ONU en fonction des résultats de l'enquête.
"Les Pays-Bas espèrent que la situation se réglera rapidement, l'Unrwa ayant un important mandat humanitaire à remplir", a ajouté le ministère.
L'Agence aide 5,4 millions de réfugiés palestiniens en Jordanie, au Liban, en Syrie et dans les Territoires palestiniens.
La contribution annuelle prévue pour 2019 par les Pays-Bas, quatrième plus grand donateur de l'Unrwa parmi les pays de l'Union européenne, s'élevait à 13 millions d'euros.
Parmi les accusations mentionnées dans le rapport de l'Unrwa figurent celles "d'agissements à caractère sexuel inappropriés, népotisme, représailles, discriminations et autres abus d'autorité, (commis) à des fins personnelles, pour réprimer des divergences d'opinion légitimes".
Pierre Krähenbühl, le commissaire général de l'Agence, aurait notamment noué une relation amoureuse avec sa conseillère principale, nommée en 2015, après un processus de recrutement "extrêmement rapide" selon le rapport.
L'Unrwa a déclaré coopérer pleinement à l'enquête et ne pas pouvoir fournir certains détails tant que les investigations sont en cours.


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