Photo REUTERS/Carlos Barria
Donald Trump a fait parvenir dans la nuit un message aux autorités iraniennes pour les informer de l'imminence d'une attaque tout en leur faisant part de sa volonté de dialogue, ont déclaré vendredi des sources gouvernementales iraniennes.
Le New York Times rapportait plus tôt que le président américain avait approuvé une opération militaire devant cibler vendredi des installations iraniennes avant de se raviser et d'annuler ces frappes au dernier moment.
Citant des représentants de l'administration américaine le quotidien écrivait que le président américain a validé une opération contre une série de cibles iraniennes, telles que des radars ou des batteries de missiles, avant de faire volte-face alors que les avions de combat avaient décollé et les navires de guerre s'étaient mis en position.
"Dans son message, Trump dit qu'il est contre une guerre avec l'Iran et qu'il veut discuter avec Téhéran de plusieurs sujets. (...) Il a donné un court délai pour qu'une réponse lui soit donnée, mais dans l'immédiat, notre réponse, c'est qu'il revient à notre guide suprême de se prononcer", a dit l'une des sources de Reuters. "Nous avons clairement indiqué que le guide est contre toute discussion mais le message lui sera transmis pour qu'il prenne une décision. (...) Nous avons toutefois prévenu le responsable d'Oman (qui a transmis le message américain) que toute attaque contre l'Iran aurait des conséquences régionales et internationales."
Le New York Times précise ne pas savoir à l'heure actuelle si une offensive américaine contre l'Iran est toujours programmée, ajoutant ne pas avoir établi si Donald Trump avait changé d'avis ou si le revirement était dû à des interrogations stratégiques ou logistiques.
"Phobie de l'Iran"
Cité par l'agence de presse iranienne du Travail (ILNA), le ministre iranien de la Défense, Amir Hatami, a dénoncé l'attitude de Washington qui cherche selon lui à provoquer une "phobie de l'Iran". "Le contexte est compliqué et la méfiance est de mise dans la région", a-t-il déclaré. "Cela entre apparemment dans un projet politique qui vise à créer une phobie de l'Iran et de créer un consensus contre la République islamique."
Les craintes de confrontation directe entre Washington et Téhéran ont été ravivées jeudi après que l'Iran a abattu un drone américain se trouvant selon lui dans son espace aérien, près du détroit d'Ormuz, ce que contestent les Etats-Unis.
Plusieurs élus républicains et démocrates ont pris part jeudi à la Maison blanche à une réunion d'information consécutive à cet incident. Le chef de file de la minorité républicaine à la Chambre des représentants, Kevin McCarthy, a cosigné un communiqué appellent les Etats-Unis à réagir de manière "mesurée" face à l'Iran.
Dans une note d'urgence diffusée jeudi soir, l'aviation civile américaine (FAA) a interdit aux compagnies aériennes américaines de survoler le détroit d'Ormuz et le golfe d'Oman. D'autres compagnies aériennes - Malaysia Airlines, Qantas Airways, KLM - ont annoncé dans la foulée qu'elles éviteraient de survoler cette partie de l'espace aérien iranien.
Alors qu'ils baissaient en tout début de journée, les cours du pétrole sont repartis à la hausse: le Brent a repassé le seuil des 65 dollars le baril pour la première fois depuis le 31 mai et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) est remonté au-dessus de 58 dollars, lui aussi au plus haut depuis trois semaines. Le WTI s'achemine ainsi vers un bond de près de 9% sur la semaine, sa plus forte hausse sur une semaine depuis novembre 2016, en grande partie en raison des tensions géopolitiques.


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