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A Moscou, talibans et opposition afghane se quittent sans progrès visibles



Le mollah Abdul Ghani Baradar, négociateur des talibans lors de pourparlers à Moscou avec des membres de l'opposition afghane, le 30 mai 2019. Photo REUTERS/Evgenia Novozhenina

Représentants talibans et membres de l'opposition au gouvernement afghan se sont quittés jeudi à l'issue de deux jours de pourparlers à Moscou, en revendiquant "d'immenses progrès" mais sans accord de cessez-le feu ni visible avancée concrète.

Dans un communiqué final, les deux parties ont indiqué avoir "eu des discussions productives et constructives sur la poursuite des pourparlers intra-afghans" en vue de mettre fin au conflit qui ravage le pays, mais que "certaines questions nécessitent des discussions plus approfondies". Les espoirs d'un cessez-le-feu, réclamé par la délégation afghane et attendu par la population, ont toutefois été déçus.

Aucun membre du gouvernement du président afghan Ashraf Ghani ne participait à cette seconde entrevue entre talibans et membres de l'opposition, qui s'est tenue comme la première dans un hôtel chic de la capitale russe. Les insurgés considèrent le gouvernement en place comme une "marionnette" de Washington et se refusent à lui parler directement.
Selon Atta Mohammad Noor, un ancien seigneur de guerre qui figurait au côté de l'ancien président Hamid Karzai dans la délégation afghane, "des heures de discussions" ont permis "quelques points d'accord mais nos attentes étaient plus élevées".
Selon le porte-parole politique des insurgés, Suhail Shaheen, les questions du "retrait des troupes étrangères" et d'un "gouvernement islamique" auquel "tous les Afghans devraient participer" ont été débattues.

Le négociateur en chef taliban, Abbas Stanikzai, a dit répéter "une fois de plus que l'Emirat islamique - tel que se nomment les talibans - est attaché à la paix en toute sincérité" mais que "l'occupation (étrangère) doit prendre fin".

Etats-Unis et talibans mènent depuis des mois des pourparlers distincts visant a établir un calendrier de retrait des troupes américaines en échange de promesses en matière de contre-terrorisme. La dernière réunion s'est achevée mi-mai au Qatar sans avancées visibles.

M. Stanikzai a assuré que "l'Emirat islamique s'engage pleinement à garantir les droits des femmes dans le cadre des lois islamiques sacrées et des traditions de la culture afghane". "Nos sœurs ne doivent avoir aucune inquiétude", a-t-il affirmé.

Une première rencontre s'était tenue fin janvier dans le même luxueux hôtel de Moscou, où les leaders talibans étaient apparus publiquement pour la première fois et avaient exposé leur vision d'un Afghanistan régi par "les lois islamiques".

Selon M. Shaheen, les parties se sont entendues jeudi pour se retrouver à nouveau à l'avenir mais "ni le lieu ni la date n'ont été fixés".

Pendant ce temps, les violences se poursuivent sans trêve en Afghanistan. Jeudi matin, un attentat-suicide revendiqué par le groupe Etat islamique contre l'école militaire de Kaboul a tué au moins six personnes. Les autorités afghanes ont pour leur part affirmé que 62 talibans ont été tués lors de bombardements aériens mercredi soir.

Représentants talibans et membres de l'opposition au gouvernement afghan se sont quittés jeudi à l'issue de deux jours de pourparlers à Moscou, en revendiquant "d'immenses progrès" mais sans accord de cessez-le feu ni visible avancée concrète.
Dans un communiqué final, les deux parties ont indiqué avoir "eu des discussions productives et constructives sur la poursuite des pourparlers intra-afghans" en vue de mettre fin au conflit qui ravage le pays, mais que "certaines questions nécessitent des discussions plus approfondies". Les espoirs d'un cessez-le-feu, réclamé par la délégation afghane et attendu par la population, ont toutefois été déçus.Aucun membre du gouvernement du président afghan Ashraf Ghani ne participait à cette seconde entrevue entre talibans et membres de l'opposition, qui s'est tenue comme la...