Etats-Unis et talibans marquent une pause dans les pourparlers de paix visant à mettre un terme au conflit en Afghanistan, ont indiqué jeudi matin les deux parties, les "productives" négociations en cours à Doha devant reprendre ce week-end.
"Les deux parties utiliseront les deux prochains jours pour des délibérations internes, avec l'intention de se retrouver samedi", a tweeté l'émissaire américain Zalmay Khalilzad.
"Les deux équipes de négociation ont convenu de faire une pause aujourd'hui et demain pour des consultations", a indiqué dans un communiqué le porte-parole des talibans, Zabiullah Mujahid, insistant sur "l'attachement au processus de paix en cours ainsi qu'à la paix".
M. Khalilzad a qualifié de "productives" les négociations initiées lundi au Qatar. "Nous continuons à faire des pas lents et constants vers une compréhension (mutuelle) et éventuellement la paix", a-t-il écrit.
Lors de précédents pourparlers fin janvier, Etats-unis et talibans s'étaient quittés sur une "ébauche d'accord" centrée sur la promesse des talibans d'empêcher que l'Afghanistan ne serve de base arrière pour des attaques terroristes contre des nations étrangères et un potentiel retrait des troupes américaines présentes depuis 2001 en Afghanistan.
La partie américaine œuvre également en faveur d'un accord de cessez-le-feu et du démarrage de négociations entre talibans et gouvernement afghan, que les insurgés ont toujours refusé jusqu'alors.
Jeudi dans la capitale afghane, le président Ashraf Ghani a indirectement abordé les pourparlers de Doha, affirmant que seul un processus de paix dirigé par Kaboul apporterait une stabilité durable.
"Coopérer pour garantir la paix et la stabilité en Afghanistan est dans l'intérêt de toute la région et du monde entier. L'Afghanistan a besoin de coopération et de collaboration. Mais les Afghans et le gouvernement légitime de l'Afghanistan doivent s'approprier le processus de paix", a-t-il lancé.
Depuis Doha, M. Khalilzad a assuré dans sa série de tweets que "la formation d'une équipe nationale à Kaboul, prête à entamer un dialogue intra-afghan et des pourparlers avec les talibans, progresse également".
Une jirga - un rassemblement de sages des tribus afghanes - doit se réunir mi-mars à Kaboul pour préparer l'équipe de négociation à discuter frontalement avec les insurgés.
Lundi, à son arrivée à Doha, M. Khalilzad a rencontré le principal dirigeant politique des talibans, le mollah Abdul Ghani Baradar, cofondateur du mouvement intégriste, dans ce qui a été présenté comme le niveau de rencontre le plus élevé jamais opéré entre les deux parties.
M. Khalilzad s'est félicité de la présence à Doha de ce proche du chef taliban, le mollah Haibatullah Akhundzada, qualifiant la représentation talibane de "délégation faisant davantage autorité".
Dirigeant influent, M. Baradar est considéré comme ayant un large soutien à l'intérieur de la myriade de factions talibanes.
Le général Scott Miller, commandant en chef des forces militaires américaines et de l'OTAN en Afghanistan, assiste également aux pourparlers.
Après bientôt quarante ans de conflit depuis l'invasion soviétique fin 1979, suivie par une guerre civile et le régime taliban, les attentes de paix sont immenses au sein de la population afghane.


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