Le ministre d'Etat libanais pour les Affaires des réfugiés, Saleh el-Gharib, recevant une délégation du HCR, à Beyrouth, le 22 février 2019. Photo Dalati et Nohra
Le ministre d'Etat libanais pour les Affaires des réfugiés, Saleh el-Gharib, a discuté vendredi avec une délégation du Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés, menée par sa représentante au Liban Mireille Girard, de "certaines idées pouvant aider à un retour sûr des réfugiés" syriens, une question sur laquelle s'opposent le HCR et certains responsables libanais.
"Nous avons expliqué notre orientation politique, en tant que ministère, en ce qui concerne la question des réfugiés et avons proposé certaines idées qui peuvent aider à assurer un retour sûr et digne des réfugiés" vers la Syrie, a affirmé M. Gharib à l'issue de la rencontre. "Nous avons été très clairs en ce qui concerne notre politique, reprise dans la déclaration ministérielle, qui parle d'un retour sûr et du refus de toute implantation et intégration des réfugiés dans la société libanaise", a ajouté le ministre druze prosyrien. Il a souligné avoir demandé le soutien du HCR "sur certains points, et notamment la question des aides fournies aux réfugiés syriens au Liban". "Nous avons aussi demandé que les personnes rentrant en Syrie, qui n'ont pas de moyens de subsistance sur place, bénéficient également d'aides", a-t-il précisé.
La question du retour de ces réfugiés fait polémique sur la scène politique libanaise. Certains responsables, et notamment le chef de l'Etat, le chef de la diplomatie, Gebran Bassil, et le ministre d’État pour les Affaires des réfugiés, appellent à organiser le retour de ces réfugiés vers la Syrie, estimant que le pays quasiment entièrement reconquis par les forces du régime, est désormais "sûr". D'autres responsables s'appuient sur le point de vue de la communauté internationale et appellent à un règlement politique du conflit avant d'assurer le retour des réfugiés. La déclaration ministérielle du nouveau gouvernement souligne que "la seule solution est le retour en sécurité des déplacés dans leur pays" et accueille favorablement l’initiative russe pour leur retour.
Réagissant à la polémique qu'il avait provoquée en se rendant début de semaine à Damas, à l'invitation d'un ministre syrien, M. Gharib a assuré qu'il ne "met pas des bâtons dans les roues du gouvernement" et qu'il ne s'oppose pas à la politique de distanciation, prônée par le cabinet. "Est-ce qu'il faut ignorer les droits des réfugiés afin de se conformer à la distanciation ?" s'est-il interrogé. "Rien ne nous empêchera de suivre ce dossier et nous n'épargnerons aucun effort", a-t-il insisté. Interrogé quant à une prochaine visite à Damas, le ministre a répondu qu'il envisageait "chaque chose en son temps", soulignant que rien n'empêchait un tel déplacement.
Les relations avec le régime de Bachar el-Assad sont un sujet de discorde au Liban. Plusieurs responsables du camp du 8 Mars appellent à rétablir les relations avec le régime syrien, alors que le Liban officiel s'est engagé à respecter le principe de distanciation par rapport aux conflits régionaux, notamment la guerre qui ravage la Syrie depuis 2011.


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