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Soudan: arrestation de professeurs avant un sit-in antigouvernemental

AFP
12/02/2019

Les forces de sécurité soudanaises ont arrêté mardi un groupe de professeurs d'université à Khartoum qui se dirigeaient vers un rassemblement contre le président Omar el-Béchir, ont indiqué leurs collègues à l'AFP.

Depuis le 19 décembre, le Soudan est secoué par un mouvement de contestation antigouvernementale déclenché par la décision du gouvernement de tripler le prix du pain, dans un pays en plein marasme économique.

Selon un bilan officiel, 30 personnes sont mortes depuis le début du mouvement. Human Rights Watch (HRW) a fait état de 51 morts.

Mardi, selon des témoins, les forces de sécurité ont été déployées près de l'Université de Khartoum où des professeurs avaient prévu d'organiser un rassemblement contre le président Béchir, au pouvoir depuis près de 30 ans.

"Quatorze professeurs, dont 8 de l'Université de Khartoum et six d'autres universités, étaient sur le point de participer au sit-in lorsque des membres des services de renseignement les ont conduits" vers un lieu inconnu, a affirmé à l'AFP Mamdouh Mohamed Hassan, porte-parole d'un groupe d'enseignants qui participe régulièrement aux manifestations.

Un conférencier de l'Université de Khartoum a confirmé l'arrestation des 14 professeurs.

D'autres professeurs ont été empêchés de prendre part au sit-in, après le blocage par les forces de sécurité des voies d'accès au lieu du rassemblement, a ajouté M. Hassan.

Ces dernières semaines, les forces de sécurité soudanaises ont régulièrement arrêté des manifestants, dont des professeurs.

Selon des ONG de défense des droits humains, plus d'un millier de manifestants, leaders de l'opposition, militants et journalistes ont été arrêtés par les autorités depuis le 19 décembre.

Certains font partie de l'Association des professionnels soudanais (APS), qui réunit médecins, ingénieurs et professeurs d'université, qui a pris la tête des manifestations.

Le mouvement de protestation est aussi soutenu par Sadek al-Mahdi, dernier Premier ministre démocratiquement élu, chassé en 1989 par le coup d'Etat fomenté par l'actuel président.

Depuis le début des troubles, Omar el-Béchir a exclu de démissionner et imputé les violences lors des manifestations à des "conspirateurs".

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