Alexandre Benalla, le 16 juillet 2018 à l'aéroport de Roissy. Photo d'archives AFP
La tentaculaire affaire Benalla, du nom de l'ancien conseiller du président français Emmanuel Macron, a connu un nouveau rebondissement cette semaine avec une tentative de perquisition d'un média, vivement dénoncée mardi par l'opposition.
Des responsables de l'opposition de tous bords sont montés au front après la tentative de perquisition des locaux à Paris du site d'investigation Mediapart lundi, accusant le pouvoir d'"utiliser la justice à des fins politiques" ou de "dérive autoritaire".
Le parquet de Paris a tenté de perquisitionner Mediapart lundi après la diffusion fin janvier d'une conversation entre l'ancien conseiller d'Emmanuel Macron et Vincent Crase, ex-employé de La République en Marche (LRM), le parti présidentiel, et gendarme réserviste.
Selon le site d'information, cette conversation a eu lieu le 26 juillet, quelques jours après que les deux hommes eurent été inculpés pour des violences sur des manifestants le 1er mai, en violation de leur contrôle judiciaire.
Alexandre Benalla s'y targue du soutien du président de la République, alors que l'"affaire" qui porte son nom a éclaté quelques jours plus tôt et crée des remous jusqu'au sommet de l'État.
"Truc de dingue, le +patron+ (Emmanuel Macron, ndlr), hier soir, il m'envoie un message, il me dit: +Tu vas les bouffer. Tu es plus fort qu'eux, c'est pour ça que je t'avais auprès de moi+", dit notamment Alexandre Benalla dans cet extrait.
Mediapart a refusé cette perquisition de ses locaux, où s'étaient présentés deux magistrats du parquet et des enquêteurs qui voulaient saisir les enregistrements.
La nouvelle enquête a été ouverte pour "atteinte à l'intimité de la vie privée" et "détention illicite d'appareils ou de dispositifs techniques de nature à permettre la réalisation d'interception de télécommunications ou de conversations", selon une source judiciaire.
"J'aimerais savoir qui a demandé au parquet d'ouvrir une enquête préliminaire; aujourd'hui on ne peut pas répondre", a déclaré Louis Aliot, député du Rassemblement National (extrême droite).
"Si l'enquête préliminaire a été ouverte sans plainte de M. Benalla ou des gens mis en cause, c'est là que ça devient grave et qu'on voit que le pouvoir utilise les services de l'État et de la justice à des fins politiques", a-t-il ajouté.
"Aller perquisitionner une rédaction, ça ne se fait pas; pas dans une démocratie", a critiqué l'ancien ministre de droite Dominique Bussereau.
A gauche, plusieurs responsables ont notamment invoqué la nécessaire "protection des sources" des journalistes, fustigeant une atteinte à la liberté de la presse.
"La Macronie est devenue dangereuse pour la liberté", a jugé le chef de file de La France Insoumise (gauche radicale) Jean-Luc Mélenchon.
Depuis juillet, l'affaire Benalla a connu de multiples épisodes judiciaires et politiques, qu'il s'agisse des violences du 1er mai, de l'utilisation abusive par l'intéressé de passeports diplomatiques ou de SMS qu'il dit avoir échangés avec Emmanuel Macron après son licenciement du palais présidentiel de l'Élysée.
Le parquet de Paris a tenté de perquisitionner Mediapart lundi après la diffusion fin janvier d'une conversation entre l'ancien conseiller d'Emmanuel Macron et Vincent Crase, ex-employé de La République en Marche (LRM), le parti présidentiel, et gendarme réserviste.
Selon le site d'information, cette conversation a eu lieu le 26...


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