L'ONU a lancé vendredi "l'Année internationale des langues autochtones" afin, selon la présidente de son Assemblée générale Maria Fernanda Espinosa, "de préserver, revitaliser et promouvoir les langues indigènes" menacées de disparition. Il s'agit, précise dans un entretien à l'AFP l'ex-ministre équatorienne, "de prendre des mesures urgentes aux niveaux national et international".
Tout au long de la journée, des dizaines d'intervenants, dont le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, le président de la Bolivie, Evo Morales, et des représentants de communautés indigènes devaient se succéder à la tribune de l'Assemblée générale à New York, pour proposer des actions ou témoigner de leurs expériences.
La planète comprend "370 millions de personnes indigènes" et leurs langues représentent "un trésor culturel collectif pour communiquer, partager des connaissances et promouvoir les spécificités culturelles, les coutumes et les valeurs locales", poursuit Maria Fernanda Espinosa. "2.680 langues autochtones sont en danger et 90% d'entre elles pourraient disparaître d'ici la fin du siècle si elles ne sont pas protégées", met-elle en garde.
Pour éviter cela, "nous avons besoin d'une collaboration plus forte avec les populations" concernées et "je suis ravie que les Etats membres" des Nations unies soient prêts "à élaborer des politiques et des programmes" soutenus par un effort financier afin de "préserver et promouvoir les langues autochtones".
Le sujet est particulièrement sensible au Canada, où pour la première fois cette semaine dans l'histoire du pays, une langue indigène parlée au Manitoba, le "cri", a été traduite simultanément en anglais et français au Parlement canadien.
"Le rôle de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco) est extrêmement important", juge aussi la présidente de l'Assemblée générale des Nations unies. "Nous devons encourager toutes les organisations non gouvernementales et les organismes intergouvernementaux à développer des outils normatifs pour protéger les langues".
Basée à Paris, l'Unesco a souligné sa détermination à contribuer à la défense des langues. "À travers les langues, les gens participent non seulement à leur histoire, leurs traditions, leur mémoire, leurs modes de pensée, leurs significations et leurs expressions uniques, mais plus important encore, ils construisent leur avenir", a fait valoir cette organisation.
La planète comprend "370 millions de personnes indigènes" et leurs langues représentent "un trésor...


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