Le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï (au centre sur la photo), lors de la messe du nouvel an à Bkerké, le 1er janvier 2019. Photo ANI
Le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, a accusé mardi les "responsables politiques qui entravent la formation du gouvernement", attendu depuis le mois de mai, de "ne pas accomplir leur devoir d'assurer la paix dont ont besoin les citoyens libanais", réitérant son appel à la mise sur pied d'un cabinet restreint de technocrates.
Dans son homélie prononcée lors d'une messe au siège du patriarcat à Bkerké, Mgr Raï a déclaré que "les responsables politiques qui empêchent la formation du gouvernement, sous n'importe quelle forme, restreint ou élargi, ou du moins ne la facilitent pas, se soustraient à leur devoir d'assurer la paix dont ont besoin les citoyens libanais". Le prélat a précisé qu'il entend notamment par paix "la stabilité politique, économique et sociale, et des opportunités d'emploi pour tous".
Il a dans ce cadre estimé que si les responsables ont vraiment "la volonté de faire revivre le Liban, de lui faire éviter les dangers économiques et financiers et de le protéger contre toute ingérence politique, ils doivent former un gouvernement restreint de technocrates, neutres".
La formation du gouvernement semblait imminente avant les fêtes, avant l'apparition de nouvelles complications. Les six députés sunnites pro-8 Mars, soutenus par le Hezbollah, avaient annoncé qu'ils retiraient le nom de Jawad Adra de leur liste de ministrables à présenter au président de la République. Selon des informations concordantes, cette décision était motivée par la volonté du chef du Courant patriotique (CPL), Gebran Bassil, d'attirer M. Adra dans son giron et de former avec les ministres nommés par son parti et le chef de l’État un groupe de 11 ministres pour constituer un tiers de blocage au sein du gouvernement. La répartition des portefeuilles, et notamment ceux de l'Industrie, de l'Environnement et de l'Information, pose aussi problème entre les différentes formations politiques. A la mi-novembre, M. Hariri avait accusé son grand rival politique, le Hezbollah, d'entraver la formation d'une nouvelle équipe ministérielle.
De son côté, le métropolite grec-catholique de Beyrouth, Elias Audi, a espéré que le début de l'année verrait "une nouvelle façon de procéder des différentes parties politiques, qui accompliront leur devoir et placeront les intérêts de la nation au-dessus de tout autre chose".


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