Rechercher
Rechercher

Dernières Infos

Première plainte israélienne contre Airbnb après son retrait des colonies

Un panneau routier indiquant un appartement Airbnb près de la colonie israélienne de Shilo, en Cisjordanie, le 20 novemrbe 2018. AFP / MENAHEM KAHANA

La plateforme de réservation de logements en ligne Airbnb a été visée par une première plainte devant la justice israélienne, quelques jours après avoir annoncé qu'elle cessait de référencer des locations dans les colonies israéliennes de Cisjordanie occupée.

Un cabinet d'avocats israéliens a indiqué vendredi à l'AFP qu'une plainte collective avait été déposée la veille devant un tribunal de Jérusalem au nom d'une cliente qui pourra, selon le droit israélien, être rejointe par d'autres propriétaires déréférencés par Airbnb en Cisjordanie et qui souhaiteraient lancer une action en justice.

La Cisjordanie est un territoire palestinien occupé par l'armée israélienne depuis plus de 50 ans. Les colonies qui y sont construites par Israël sont considérées comme illégales par la communauté internationale qui les voient comme l'un des principaux obstacles à la paix. Le gouvernement israélien conteste cette vision.

La plateforme Airbnb a annoncé lundi sa décision de renoncer à proposer ses quelque 200 offres de locations en Cisjordanie après de longues consultations avec des experts et en fonction de critères observés dans d'autres territoires occupés à travers le monde, parmi lesquels la contribution éventuelle de ses offres aux "souffrances humaines existantes". Soucieuse "d'agir de manière responsable", elle a souligné que les colonies de Cisjordanie étaient "au coeur de la querelle entre Israéliens et Palestiniens".

La plainte déposée jeudi, dont l'AFP a consulté une copie, s'appuie dans un premier temps sur le cas de Maanit Rabinovich, habitant la colonie de Kida dans le nord de la Cisjordanie et qui avait inscrit son logement sur Airbnb. Citée dans un communiqué, elle s'est insurgée contre une "rupture de contrat", arguant ne pas avoir été prévenue directement par Airbnb. La plainte dénonce surtout des agissements "discriminatoires" à l'encontre d'Israël, "des centaines de lieux dans le monde (étant) contestés et, pourtant, Airbnb continue d'y proposer des locations". Les avocats réclament 15.000 shekels d'indemnités (3.500 euros) pour Mme Rabinovich et chaque hôte qui sera retiré du catalogue d'Airbnb et qui se joindra à l'action en justice.

Le dépôt de cette plainte soulève toutefois des questions quant à ses chances d'aboutir, Airbnb n'ayant pas de bureau en Israël. Les avocats ont formulé une demande de poursuites aux Etats-Unis, la plateforme étant basée à San Francisco. Son retrait ne concerne pas les hôtes Airbnb en Israël.

La décision d'Airbnb a provoqué l'indignation de la droite au pouvoir en Israël, dont une grande partie considère que la Cisjordanie devrait être reconnue comme faisant partie intégrante d'Israël. Le gouvernement combat farouchement depuis des années tout ce qui ressemble à une entreprise de boycott, qu'il dénonce comme une remise en cause de la légitimité de l'Etat hébreu. Environ 430.000 colons israéliens vivent une coexistence souvent conflictuelle avec plus de 2,5 millions de Palestiniens en Cisjordanie, occupée depuis 1967 par Israël.

La plateforme de réservation de logements en ligne Airbnb a été visée par une première plainte devant la justice israélienne, quelques jours après avoir annoncé qu'elle cessait de référencer des locations dans les colonies israéliennes de Cisjordanie occupée. Un cabinet d'avocats israéliens a indiqué vendredi à l'AFP qu'une plainte collective avait été déposée la veille devant un tribunal de Jérusalem au nom d'une cliente qui pourra, selon le droit israélien, être rejointe par d'autres propriétaires déréférencés par Airbnb en Cisjordanie et qui souhaiteraient lancer une action en justice. La Cisjordanie est un territoire palestinien occupé par l'armée israélienne depuis plus de 50 ans. Les colonies qui y sont construites par Israël sont considérées comme illégales par la communauté...