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Kalachnikovs et tirage au sort: élections séparatistes en Ukraine

Un homme déposant son bulletin de vote lors d'élections dans la ville rebelle de Donetsk, en Ukraine, le 11 novembre 2018. REUTERS/Alexander Ermochenko

Surveillés par des militaires armés de kalachnikovs et récompensés par des tickets de loterie, les habitants des territoires séparatistes prorusses de l'Est de Ukraine votaient dimanche pour des élections locales dénoncés comme illégitimes par Kiev et les Occidentaux.

Ces scrutins visent à élire des "présidents" et des "députés" pour les deux "républiques populaires" autoproclamées par les rebelles à Donetsk (DNR) et à Lougansk (LNR), qui échappent depuis quatre ans au contrôle de Kiev. Ils ancrent la séparation des territoires rebelles du reste du pays et entendent légitimer leurs nouveaux dirigeants alors que le processus de paix est au point mort et que des heurts alourdissent régulièrement le bilan de ce conflit estimé par l'ONU à plus de 10.000 morts.

"Nous votons pour notre avenir", a déclaré après avoir déposé un bulletin dans l'urne à Donetsk, l'une des deux "capitales" séparatistes, Denis Pouchiline, chef par intérim de la DNR, selon l'agence de presse séparatiste DAN.

Près de plusieurs bureaux de vote à Donetsk, des militaires cagoulés et armés de fusils d'assaut étaient postés, a constaté l'AFP.

Les bureaux de votes sont ouverts de 05h00 GMT à 17h00 GMT. A 11h00 GMT, la participation avait atteint 66% dans la "république" de Donetsk et 56% dans celle de Lougansk, selon leurs autorités respectives. Interrogée par l'AFP à plusieurs reprises ces derniers jours, la Commission électorale de Donetsk n'a pas indiqué le nombre d'électeurs dans sa "république".


"Mitraillettes russes" 
L'organisation de ces scrutins a déclenché de vives protestations de Kiev et des Occidentaux, qui y voient la main de Moscou et les jugent contraires aux accords de paix de Minsk.

"Elles sont organisées sous la pointe des mitraillettes russes dans un territoire occupé" par la Russie, a lancé samedi soir le président ukrainien Petro Porochenko, Kiev appelant à de nouvelles sanctions occidentales contre Moscou.

Bruxelles a dénoncé samedi ces scrutins "illégaux et illégitimes", tandis que Washington les a qualifiées de "moquerie".

La Russie et l'Ukraine sont à couteaux tirés depuis l'arrivée au pouvoir à Kiev en 2014 de pro-occidentaux dans la foulée du soulèvement du Maïdan, suivie de l'annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée et du conflit avec les séparatistes dans l'Est. Kiev et l'Occident accusent Moscou de soutenir militairement les séparatistes, ce que la Russie dément malgré de nombreuses preuves.

Les accords de paix de Minsk signés en février 2015 ont permis de réduire considérablement les affrontements, mais des flambées de violences continuent d'éclater périodiquement le long de la ligne de front, où quatre soldats ukrainiens ont été tués samedi. Moscou assure que ces élections n'ont rien à voir avec le processus de Minsk et visent surtout à désigner des chefs pour ces territoires dirigés depuis des mois par des leaders par intérim, qui devraient voir leur autorité confortée avec le vote.

A Donetsk, M. Pouchiline, 37 ans, un ex-négociateur politique avec Kiev, a été nommé pour succéder à Alexandre Zakhartchenko, ancien combattant tué en août dans un attentat.
A Lougansk, Léonid Pasetchnik, 48 ans, ex-responsable régional des services de sécurité ukrainiens, a remplacé Igor Plotnitski, destitué en novembre 2017.

Plusieurs candidats sont en lice dans les deux républiques autoproclamées, mais personne ne doute de la victoire des dirigeants actuels, qui ont tous deux promis de renforcer les liens avec Moscou.


"Pour la paix" 
"Ce serait bien qu'ont devienne partie intégrante de la Russie, comme la Crimée", a déclaré à l'AFP Lioudmila Charakhina, 60 ans, dans un bureau de vote mis en place dans une école en périphérie de Donetsk, près de la ligne de front.
"Il est essentiel pour nous que le nouveau président aspire à la paix", espère pour sa part Vladimir, un mineur de 52 ans dont l'immeuble a été ruiné par un bombardement.
Pour un autre Vladimir, courtier en douane, le vote "n'a aucun sens". "On votera à ma place, et cette voix ira selon toute vraisemblance pour Pouchiline car la Russie l'a déjà choisi", dit cet homme de 36 ans.

Pour attirer les électeurs pour ce scrutin, chaque personne ayant voté à Donetsk obtenait un "ticket" gratuit pour un tirage au sort dont chaque participant gagne un prix - un billet de théâtre ou de concert.

Des étals installés devant les bureaux de vote pour l'occasion offraient aux électeurs des produits alimentaires à des prix plus bas que d'habitude.


Surveillés par des militaires armés de kalachnikovs et récompensés par des tickets de loterie, les habitants des territoires séparatistes prorusses de l'Est de Ukraine votaient dimanche pour des élections locales dénoncés comme illégitimes par Kiev et les Occidentaux.
Ces scrutins visent à élire des "présidents" et des "députés" pour les deux "républiques populaires" autoproclamées par les rebelles à Donetsk (DNR) et à Lougansk (LNR), qui échappent depuis quatre ans au contrôle de Kiev. Ils ancrent la séparation des territoires rebelles du reste du pays et entendent légitimer leurs nouveaux dirigeants alors que le processus de paix est au point mort et que des heurts alourdissent régulièrement le bilan de ce conflit estimé par l'ONU à plus de 10.000 morts."Nous votons pour notre avenir", a déclaré après...