Le président russe Vladimir Poutine, lors d'un Sommet sur la situation en Syrie, à Istanbul, le 27 octobre 2018. AFP / OZAN KOSE
Le président russe Vladimir Poutine a mis en garde mercredi contre les "conséquences les plus graves" des divisions entre les Eglises orthodoxes, après la décision du Patriarcat de Constantinople de reconnaître une Eglise orthodoxe indépendante en Ukraine.
"J'aimerais souligner une chose : politiser un domaine si sensible aboutit toujours aux conséquences les plus graves, avant tout pour ceux qui le font", a déclaré M. Poutine, lors d'un forum réunissant à Moscou des représentants de la diaspora russe.
C'est la première fois que le maître du Kremlin s'exprime sur la crise qui a vu notamment le Patriarcat de Moscou rompre ses liens avec le Patriarcat de Constantinople, après cette reconnaissance. Il a dénoncé des "tentatives de faire rompre les liens" entre l'Eglise russe et ses fidèles à l'étranger. "Notre devoir commun - avant tout devant les gens - est de préserver l'unité spirituelle et historique" des orthodoxes, a souligné le président russe.
Le Patriarcat de Constantinople a décidé à la mi-octobre de reconnaître une Église orthodoxe indépendante en Ukraine, mettant fin à 332 années de tutelle religieuse de Moscou et posant la question de l'avenir de millions de croyants de ce pays, où l'Église russe jouit d'une influence conséquente. Le Patriarche orthodoxe russe Kirill a refusé de reconnaître cette décision en dénonçant le Patriarcat de Constantinople comme "schismatique". Furieuse, l'Eglise russe, qui revendique le plus grand nombre de fidèles au sein du monde orthodoxe, a annoncé la rupture de tous ses liens avec Constantinople, le Patriarcat le plus ancien.
L'Eglise du Patriarcat de Moscou dispose en Ukraine du plus grand nombre de paroisses (plus de 12.000), mais le Patriarcat de Kiev compte le plus grand nombre de fidèles, selon des sondages.


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