L'Union européenne a critiqué vendredi "des restrictions excessives à la liberté d'expression" ayant mené à "une autocensure considérable" des médias avant les législatives pakistanaises qui ont porté au pouvoir en juillet le Premier ministre Imran Khan.
Ces commentaires font partie du rapport final rédigé par la mission d'observation de l'UE suite au scrutin du 25 juillet, que M. Khan avait largement remporté mais qui avait été entaché de soupçons d'une intervention en sous-main de l'armée en sa faveur.
Le rapport, qui comprend 30 recommandations pour améliorer la transparence des élections à venir au Pakistan, a été remis vendredi aux autorités pakistanaises. Il fait état de progrès réalisés par rapport aux précédentes législatives, en 2013, mais note que d'"importantes préoccupations demeurent", dont des questionnements sur le financement des campagnes et des limitations au droit de rassemblement ainsi que "sur les médias et la liberté d'expression".
"A première vue, les médias pakistanais apparaissent dynamiques, semblant offrir une plateforme à un échange de vues libre et pluraliste", note le rapport. "Mais une analyse poussée de la production médiatique révèle que les politiques éditoriales ont été soigneusement calibrées pour minimiser les sujets relatifs à l'armée, les structures sécuritaires de l'Etat et la justice", poursuit-il. "Des efforts concertés pour étouffer (les médias) ont été observés et comprenaient des coups de fils d'intimidation aux éditeurs, la perturbation ou l'empêchement de la diffusion de médias audiovisuels ou imprimés et le harcèlement de certains journalistes", dénonce le rapport. "Dans un tel environnement, une forte autocensure était l'option la plus sûre pour (pouvoir) poursuivre la diffusion", souligne le texte. Les observateurs ont également regretté la "présence des forces armées à l'intérieur des bureaux de vote", de même que la "sous-représentation des femmes tant comme électrices que comme élues".
La mission d'observation, qui comprenait 122 membres, est restée environ deux mois dans le pays. "Contrairement à d'autres missions d'observation précédentes au Pakistan, (la mission d'observation de) l'UE a fait face à des obstacles sans précédent, qui se sont traduits par un retard dans le déploiement de ses observateurs", relève-t-elle.
Le scrutin du 25 juillet a été vivement critiqué pour l'intervention supposée de l'armée en faveur de M. Khan, que tous deux démentent.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine