Photo d'archives AFP
Le dirigeant de La France insoumise (LFI) a promis dimanche à Emmanuel Macron une longue agonie politique, dont la prochaine étape sera, selon lui, les élections européennes de mai 2019.
La démission du ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, est "le signe d'un délitement" du pouvoir et "la suite sera une agonie", a déclaré Jean-Luc Mélenchon lors du Grand Rendez-vous Europe 1-Cnews-Les Echos.
Le numéro deux du gouvernement, qui fut le mentor du chef de l'Etat avant sa conquête de l'Elysée, a démissionné le 3 octobre et son remplacement, vraisemblablement dans le cadre d'un remaniement plus large, n'a toujours pas été annoncé.
"Le Premier ministre (Edouard Philippe) a organisé pendant dix jours un bras de fer avec le président de la République ; c'est un signe d'affaiblissement quasi total de l'Etat", a estimé Jean-Luc Mélenchon. "Sinon, quelle cause y a-t-il à une durée pareille pour faire un changement de gouvernement ?" Emmanuel Macron "va encore trouver deux ou trois renégats du Parti socialiste pour venir dans son gouvernement, un ou deux de droite qui veut terminer sa carrière", a-t-il ajouté. "Mais quoiqu'il fasse ça ne pourra pas être mieux qu'un replâtrage et par conséquent ce qu'il fait sera une agonie politique."
Le dirigeant de LFI a réaffirmé qu'il entendait faire des élections européennes un "référendum anti-Macron".
"Et s'il se prend la raclée politique que j'espère, eh bien vous verrez que dans moins d'un an toute la situation politique pourrait basculer", a poursuivi Jean-Luc Mélenchon.
"Le fait que nous existions permet au pays de savoir qu'il a une alternative. Ce n'est pas ou M. Macron et sa bande d'excités ou rien (...) Cela sera peut-être lui et le chaos ou bien nous et l'ordre", a-t-il ajouté.
Pour le dirigeant de LFI, Emmanuel Macron est aujourd'hui "aussi usé", après un peu plus d'un an au pouvoir, que son prédécesseur, François Hollande, l'était au bout de cinq ans.
"Il est tout à fait possible que le président Macron, s'accrochant au pouvoir prolonge l'agonie pendant cinq ans (...) Mais ça peut aussi être un homme qui se dit 'j'entends ce que dit le pays' (...) 'Mon effraction est terminée, je m'en vais ou bien je dissous (l'Assemblée nationale)."
"Supposez qu'il fasse 10% ou 12% (....) Ça craint un pouvoir qui repose sur 12%", a insisté Jean-Luc Mélenchon. "Le Président de la République est capable de comprendre un rapport de force, de l'entendre (...) Il est à bout de souffle."
Pour le dirigeant de LFI, c'est le chef de l'Etat qui "a lui-même créé" cette crise", notamment parce qu'il "n'a pas d'assise sociale dans le pays".


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