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Gouvernement : le mufti Deriane exprime son ferme soutien à Hariri

Liban
OLJ
10/09/2018

Le mufti de la République libanaise, le cheikh Abdel Latif Deriane, plus haute autorité religieuse sunnite du pays, a apporté lundi son soutien au Premier ministre désigné Saad Hariri alors qu'une polémique sur les prérogatives du chef de l'Etat et du chef du gouvernement, aux accents communautaires selon lui, entrave la formation du cabinet attendue depuis plus de trois mois.

"Je salue le Premier ministre désigné car il ne participe pas aux surenchères verbales qui ne servent qu'à semer la discorde", a déclaré le cheikh Deriane lors d'un discours prononcé à Dar el-Fatwa à l'occasion du nouvel an de l'Hégire, ajoutant que M. Hariri "oeuvre en faveur de l'entente, de l'équilibre et du redressement de la patrie". "Nous souhaitons que son gouvernement soit formé et qu'il devienne le gouvernement de tous", a-t-il ajouté, dénonçant "les querelles communautaires qui menacent la nation".

"Nous avons un document d'entente nationale et une Constitution, et nous ne sommes ni des moutons, ni des subordonnés pour que tel ou tel camp remette en cause notre identité et notre appartenance", a-t-il également affirmé, soulignant que "nous vivons une grande crise, non seulement en raison de l'absence d'un gouvernement, mais aussi à cause de la situation économique et de la profonde fracture politique".

Le mufti jaafarite cheikh Ahmad Kabalan, représentant le vice-président du Conseil supérieur chiite, le mufti Abdel Amir Kabalan, a pour sa part appelé à "hâter la formation d'un gouvernement d'union", implorant le président de la République "de céder sa part gouvernementale à ceux qui sont responsables du blocage afin de barrer la route à tous ceux qui veulent du mal au pays".

"Nous appelons à dépasser les mesquineries et à se comporter avec les autres dans un esprit de partenariat, surtout dans cette période qui exige une solidarité entre tous", a ajouté le mufti jaafarite.

Le débat concernant les prérogatives de la présidence de la République et du président du Conseil avait été relancé lundi lors de la présentation par le Premier ministre désigné, Saad Hariri, d'une nouvelle mouture de gouvernement. Le président Michel Aoun avait alors "formulé quelques remarques en se basant sur les critères qu’il avait fixés dans l’intérêt du Liban", lors d'un discours prononcé début août. Nombreuses formations politiques avaient alors estimé que la définition de tels critères ne rentrait pas dans les prérogatives du président de la République.

Depuis sa désignation le 24 mai, M. Hariri a présenté plusieurs formules qui ont toutes été rejetées par le chef de l'Etat et certaines formations politiques. Le processus de formation du gouvernement continue de buter sur plusieurs obstacles, notamment le différend opposant le Courant patriotique libre aux Forces libanaises autour de leurs quotes-parts gouvernementales respectives. À cela s’ajoute la querelle entre le chef druze Walid Joumblatt et son principal rival Talal Arslane, le CPL insistant à intégrer ce dernier à la future équipe ministérielle, contrairement à la volonté du leader druze qui veut nommer tous les ministres appartenant à sa communauté au sein du cabinet Hariri.



 


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