Le ministre libanais sortant des Affaires étrangères, Gebran Bassil. Photo d'archives Emmanuel Dunand/AFP/Getty Images
Le ministre libanais sortant des Affaires étrangères, Gebran Bassil, a évoqué jeudi avec l'ambassadeur de Russie Alexandre Zasypkine la mise en place d'une commission mixte pour appliquer l'initiative de Moscou pour le retour des réfugiés syriens.
M. Bassil a également reçu au palais Bustros la coordinatrice spéciale de l’ONU pour le Liban, Pernille Dahler Kardel, avec qui il a évoqué le renouvellement du mandat de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) qui doit intervenir incessamment.
A l'issue de son entretien avec M. Bassil, l'ambassadeur russe, cité par l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), a indiqué avoir évoqué avec le chef de la diplomatie sortant "les événements régionaux et internationaux et les relations bilatérales entre Moscou et Beyrouth, surtout la question du retour des déplacés syriens, à la lumière de l'initiative russe qui a été approuvée par les instances libanaises".
Le mois dernier, Moscou avait lancé une initiative pour le retour des réfugiés installés au Liban et en Jordanie. Dans ce contexte, Beyrouth a annoncé le 6 août la création de centres chargés d'enregistrer les demandes de Syriens souhaitant retourner chez eux. Damas a également dévoilé la création d'un comité chargé d'organiser le retour des réfugiés.
"Nous avons évoqué la création d'une commission chargée de cette question. Ce qui compte, c'est la poursuite du travail quotidien pour le retour des déplacés vers des régions sûres en Syrie. J'ai souligné l'importance de la communication libano-syrienne à ce sujet, et ce dans l'intérêt des peuples des deux pays", a expliqué l'ambassadeur russe. "Cette initiative est stratégique et globale et ouverte à tous ceux qui voudraient y participer".
M. Zasypkin a dans ce contexte souhaité obtenir le soutien des Etats-Unis à cette initiative, au moment où la communauté internationale a soit désapprouvé le plan russe, soit gardé le silence à ce sujet. "Si les Etats-Unis n'accordent pas leur soutien, cela ne veut pas dire que l'initiative doit être arrêtée. Cela n'arrivera pas", a-t-il insisté, avant de dire qu'il s'attendait à la mise en place de la commission en question "dans les prochains jours".
L'ambassadeur russe a également fait état de discussions autour du rôle que le Liban serait amené à jouer dans la reconstruction en Syrie.
Gebran Bassil a également reçu le directeur de la Sûreté générale, Abbas Ibrahim, avec qui il a évoqué la question du retour des réfugiés syriens, sachant que la SG coordonne les opérations de retour à la frontière libano-syrienne.
En outre, M. Bassil a discuté avec la coordinatrice des Nations unies du mandat de la Finul et de l'Assemblée générale onusienne qui doit se tenir en septembre à New York. "Nous avons évoqué la nécessité d'appliquer de manière intégrale la résolution 1701 (du Conseil de sécurité) et le renouvellement du mandat de la Finul (...)", a déclaré Mme. Kardel, selon l'ANI.
La Finul, qui compte actuellement 11 400 membres, a été établie en 1978 par le Conseil de sécurité pour confirmer le retrait des troupes israéliennes du sud du Liban. Après la guerre de l’été 2006, opposant Israël au Hezbollah, elle a été chargée par le Conseil de contrôler la cessation des hostilités en vertu de la résolution 1701. Le Conseil de sécurité de l'ONU doit se réunir le 30 août pour décider de la prolongation de son mandat.


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