Le chef des Kataëb, Samy Gemayel. Photo Ani
Le chef des Kataëb, Samy Gemayel, a appelé vendredi l'Etat à s'attaquer à la crise du logement dont souffrent les jeunes Libanais.
"L'Etat est responsable du manque de soutien au crédit immobilier. Il approuve des dépenses qui n'ont pas de sens. Mais là, il peut débloquer la somme nécessaire en faveur de l’Établissement public de l’habitat (EPH) afin de la soutenir", a déclaré M. Gemayel à l'issue d'un entretien avec le ministre sortant des Finances, Ali Hassan Khalil, sur le sujet. "Nous allons prendre sur ce sujet les mesures adéquates sur le plan législatif et politique, car on ne peut pas laisser la jeunesse du Liban à l'abandon alors qu'elle souffre de la crise du logement", a-t-il ajouté
Durant la dernière campagne des élections législatives, le député élu du Metn avait déploré l'augmentation du taux d’intérêt sur les crédits à l’habitat de 3 à 3,75 % qui "sanctionne les jeunes Libanais". Plusieurs responsables, dont M. Gemayel et le patriarche Raï, mettent régulièrement en garde au sujet de la crise du logement, dénonçant notamment l’arrêt des prêts-logement, les prix élevés des appartements et l’absence totale de politique de logement de la part de l’État.
Cet appel intervient alors que les prêts immobiliers subventionnés, accordés dans le cadre du dernier plan de relance de la Banque du Liban (BDL), ont été suspendus. La BDL permet depuis plusieurs années aux banques ainsi qu’à certaines entités publiques comme l’EPH – dont la mission est d’aider les ménages aux revenus considérés comme modestes à acquérir un logement – de proposer des crédits à taux réduits en finançant la différence avec ceux du marché. Ce mécanisme, qui devait en principe être mis en œuvre de façon provisoire pour pallier les carences de l’État en matière de politique économique, a été appliqué de façon régulière. Le demi-milliard de dollars débloqué par la BDL pour 2019 – sous la forme de ligne de crédit en livres accordée aux banques à taux réduits – a, en outre, été épuisé en janvier, suite à une explosion de la demande.


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