"Nous n'avons aucun intérêt à ce qu'on revienne en arrière dans la politique commerciale. Pour être clair, le protectionnisme et l'enfermement face au libre-échange ne doivent pas reprendre le dessus", a affirmé à la presse Heiko Maas, lors d'une rencontre à Berlin avec son homologue chinois Wang Yi.
"Nos deux pays pensent que nous faisons face à un changement sans précédent dans le commerce international. De nombreux problèmes existent -l'unilatéralisme, le protectionnisme- mais l'Allemagne comme la Chine sont des pays responsables (...) et nous devons aider à assurer une stabilité", a renchéri M. Wang.
Vendredi, l'exemption en cours de taxes de 25% sur l'acier et de 10% sur l'aluminium accordée temporairement à l'Union européenne (UE) par Washington pour les exportations vers les Etats-Unis devrait sauf surprise prendre fin.
Selon le Wall Street Journal, l'administration américaine s'apprête à annoncer l'application de ces tarifs douaniers sur les importations d'acier et d'aluminium européens dès jeudi. Le journal, qui cite des sources proches du dossier, affirme que l'administration Trump est prête à laisser expirer la période d'exemption accordée en mars.
Un accord de dernière minute est encore possible quoique peu probable, ont indiqué ces sources au quotidien.
Depuis plusieurs semaines, les Européens essayent de parvenir à un accord qui satisferait le président américain Donald Trump. Les ministres des finances du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni) se réunissent justement depuis jeudi au Canada pour discuter notamment de ces questions commerciales.
Les Etats-Unis, qui reprochent aux 28 pays membres de l'UE de ne pas ouvrir suffisamment leur marché aux marchandises américaines, importent 51,3% d'aluminium et 35,8% d'acier auprès de leurs partenaires du G7, selon des données du département américain du commerce de 2017.
Mais l'Allemagne, qui affiche un excédent commercial important avec les Etats-Unis, serait l'une des premières victimes de l'instauration de ces nouvelles taxes.
Le président américain a à de nombreuses reprises dénoncé les pratiques commerciales prétendument déloyales de l'Allemagne et a menacé de sanctions le secteur stratégique allemand de l'automobile.
M. Trump accuse aussi l'Allemagne de profiter des Etats-Unis en n'augmentant pas assez ses dépenses militaires au sein de l'Otan.


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