Plus de cinquante personnes ont été tuées en dix jours à travers le Bangladesh dans une campagne sécuritaire "antidrogues", selon un nouveau bilan de la police jeudi, opération critiquée par les défenseurs des droits de l'Homme.
Les forces de l'ordre bangladaises ont encore abattu jeudi neuf présumés vendeurs de drogue dans des fusillades en divers endroits du pays, portant le bilan humain à au moins 52 personnes depuis le 15 mai.
Le Bangladesh peine à contenir un afflux de drogues, particulièrement les pilules de méthamphétamine appelées "yaba" en provenance d'Asie du Sud-Est voisine. Pour les ONG, nombre de ces victimes sont le résultat d'exécutions extra-judiciaires.
La Première ministre Sheikh Hasina a juré de combattre la "menace de la drogue" avec la même intensité que sa répression contre les mouvements extrémistes, qui a vu des dizaines d'islamistes abattus.
La commission nationale pour les droits de l'Homme, dépendant du gouvernement, a cependant exprimé sa "grave inquiétude" liée à cette campagne et indiqué sa désapprobation de "toute exécution extra-judiciaire".
Des quantités faramineuses et en nette augmentation de pilules de "yaba" sont entrées clandestinement au Bangladesh depuis la Birmanie, producteur majeur de cette drogue de synthèse.
Dacca a saisi un nombre record de 40 millions de pilules l'année dernière et estime qu'environ 250-300 millions sont entrées sur son territoire.
Cette opération n'est pas sans rappeler la très controversée "guerre contre la drogue" lancée en 2016 aux Philippines par le président Rodrigo Duterte.
La police philippine déclare avoir tué environ 4.200 personnes soupçonnées de trafic ou de consommation de drogue. Les défenseurs des droits évoquent un bilan trois fois supérieur.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine