Mis en cause après l'expulsion violente d'étudiants grévistes de l'université, le doyen et un professeur de la faculté de droit de Montpellier, dans le sud de la France, ont passé la nuit en garde à vue et été suspendus jeudi de leurs fonctions.
Au vu des premiers éléments de l'enquête administrative ouverte lundi, les deux hommes, accusés par des témoins d'avoir facilité ou pris part à une expédition punitive menée par des hommes encagoulés contre des étudiants grévistes dans la nuit du 22 au 23 mars, "sont immédiatement suspendus de leurs fonctions", a indiqué la ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal sur Twitter.
La ministre a appelé à "l'apaisement", alors que les mouvements de blocage et les manifestations contre la loi qu'elle a portée se multiplient dans des universités françaises. Mme Vidal a rappelé qu'il y avait "deux lignes rouges" à ne pas franchir: "pas de violence dans les établissements (...). Et puis faire en sorte que l'année universitaire se termine et que les examens aient lieu dans les meilleures conditions".
"C'est une décision que la Ligue des droits de l'homme et l'intersyndicale des personnels attendaient", a déclaré à l'AFP à propos des suspensions Sophie Mazas, présidente de la LDH locale. Mais, ajoute-t-elle, "tant que les personnes qui étaient sous les cagoules n'auront pas été identifiées et sanctionnées, nous resteront dans une demi-mesure". Plusieurs doctorants sont notamment accusés par des victimes et témoins d'avoir été parmi le commando encagoulé.
Mme Mazas et l'intersyndicale réclament par ailleurs que "la sécurité ne soit plus confiée à la même société privée", dont les agents sont accusés d'avoir "accompagné le mouvement, y compris avec un taser, au lieu de s'interposer pour protéger les étudiants".
A Montpellier, où une enquête judiciaire en flagrance pour violences en réunion avec arme a été ouverte, le doyen Philippe Pétel et le professeur Jean-Luc Coronel de Boissezon "ont passé la nuit en garde à vue et se trouvent toujours en garde à vue à cette heure", a par ailleurs déclaré à l'AFP le procureur de la République de Montpellier Christophe Barret jeudi matin.
Philippe Pétel avait assuré au lendemain des violences qu'il n'entendait pas démissionner et protesté de son innocence, avant que la présidence de l'université n'annonce sa démission un jour plus tard.
M. Coronel de Boissezon, décrit par des étudiants et des collègues comme "très conservateur", est accusé par des témoins d'avoir participé --à visage découvert-- dans la nuit du 22 au 23 mars à l'évacuation brutale d'étudiants qui occupaient un amphithéâtre, au côté du groupe d'hommes encagoulés et armés de bâtons.


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