Après une année 2017 marquée par les prises de Mossoul et Raqqa, le combat contre le groupe Etat islamique est en train d'évoluer, avec un accent mis sur la "stabilisation" des zones reprises, a déclaré jeudi le porte-parole de la coalition anti-EI.
L'EI a perdu la plus grande partie des territoires dont il s'était emparé en Irak et en Syrie et qui formaient le "califat" qu'il avait autoproclamé en 2014. Les forces irakiennes, soutenues par des frappes de la coalition internationale menée par Washington, ont chassé l'EI de Mossoul en juillet, tandis qu'en Syrie, les Forces démocratiques syriennes ont pris en octobre le contrôle de Raqqa.
Au-delà de ces succès militaires clefs, la victoire contre l'EI passera par un soutien "continu" de la coalition à la "stabilisation" des zones libérées, a déclaré le porte-parole de la coalition anti-EI, le colonel américain Ryan Dillon, lors d'une rencontre avec la presse à Londres.
En Irak, la coalition "s'est déjà adaptée, passant du soutien apporté à nos partenaires des forces de sécurité irakiennes dans le cadre d'opérations de combat majeures à des opérations de stabilisation", a-t-il dit.
A titre d'exemple, a-t-il développé, la coalition a formé des membres de forces de sécurité irakiennes chargées de la surveillance des frontières.
Des opérations visant spécifiquement les jihadistes se poursuivent en parallèle. Quatre responsables de l'EI ont ainsi été récemment "éliminés" en Syrie par la coalition, a-t-il affirmé.
"La lutte contre Daech (acronyme arabe du groupe Etat islamique, ndlr) sera différente au cours de cette année", a renchéri Terry Wolff, envoyé spécial adjoint du président américain Donald Trump auprès de la coalition anti-EI.
En 2017, "nous avons enregistré de nombreux gains, et nous devons désormais réorienter certaines tactiques et ressources", a-t-il dit. "Il s'agit de faire face à la capacité de Daech à mener des attaques terroristes, à diffuser sa propagande, à recruter des partisans", a-t-il poursuivi, notant que le message du groupe jihadiste avait évolué.
"Il y a trois ans, le message que Daech propageait, c'était: +Il y a un califat, tout le monde doit le rejoindre", a-t-il dit. "Aujourd'hui, le message, c'est +Restez chez vous et lancez des attaques terroristes".
La lutte contre l'EI implique également la question du retour dans leurs pays d'origine des étrangers qui ont combattu dans les rangs jihadistes, ont souligné les deux responsables, Terry Wolff parlant même de "grand défi".
"Ce que nous avons essayé de faire à travers les résolutions 2178 et 2396 du Conseil de sécurité de l'ONU, c'est d'encourager et d'obliger les nations à partager des informations, y compris biométriques, sur les combattants terroristes étrangers, mais aussi à mettre en place une liste de surveillance diffusée à l'échelle internationale", a-t-il expliqué.
"C'est ça, le futur du combat mondial" contre l'EI, a-t-il estimé. Savoir "où" sont ces combattants, "combien" ils sont. "Le futur de la coalition, c'est essayer de partager à l'extrême les renseignements".
Cette lutte passe également par des opérations sur le terrain. En Syrie, la coalition "soutient les forces démocratiques syriennes dans la poursuite et le ciblage des combattants terroristes étrangers qui tentent de fuir par les pays voisins", a dit le colonel Dillon.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine